Bibliographie - Route des Indes (1960-1970)

Route des Indes

Bibliographie et filmographie -absolument pas exhaustive- du Hippie Trail — Années 1960-1970

135 ouvrages répertoriés en français, 22 films essentiellement en français, et 1 cd

Précurseurs et influences

Les grands voyageurs qui ont ouvert la route avant les hippies : écrivains, aventuriers et explorateurs de l'Orient mystérieux.

L'Usage du monde
Nicolas Bouvier
Librairie Droz, 1963 | Rééd. Payot poche, 1992
À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d'histoire médiévale puis de droit, à bord se sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis. Ces six mois de voyage à travers l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'œuvre de la littérature dite « de voyage », L'Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard - et à compte d'auteur - aux éditions Droz, avant d'être repris par René Julliard en 1964. Après avoir connu un formidable succès, le livre était resté longtemps indisponible, avant de reparaître aux éditions La Découverte en 1985. Art de l'observation et du croquis, profond intérêt et curiosité insatiable pour les autres peuples, le voyageur n'est jamais en postition dominante, mais d'accueil, d'une ville à l'autre, passant par des villages qui, à l'époque, connaissaient encore le luxe de ne pas apparaître sur les cartes, comme ballotté au gré des éléments et des événements : « Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations », écrit-il dès les premiers jours du périple. Mais ce profond humanisme n'est pas pour autant un dilettantisme ; par son écriture serrée, toujours très retenue, d'une grande précision, économe de ses effets et ne jouant pas « à la littérature », il a réussi à atteindre ce à quoi peu d'écrivains autoproclamés sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.
Route d’Oxiane
Robert Byron
Petite Bibliothèque Payot Voyageurs, 2010
Robert Byron(1905-1941) appartenait aux Bright Young Things, ce groupe de jeunes Anglais talentueux, riches et hédonistes parmi lesquels figuraient Nancy Mitford, Evelyn Waugh ou le photographe Cecil Beaton, et dont les fêtes défrayèrent la chronique durant les années 1920. En 1933, il part pour l’Inde, «via» la Perse et l’Afghanistan, à la recherche des origines de l’architecture et de la culture islamiques. Il en ramènera cette grandiose «Route d’Oxiane», merveille d’érudition, d’anecdotes insolites et d’humour british. Un livre culte, que certains tiennent pour un « texte sacré », et dont la causticité ravira les amoureux du «Tour du monde d’un sceptique», d’Aldous Huxley.
La Tentation de l’Orient
Maurice Chappaz, Jean-Marc Lovay
Zoé Poche, 2011
Parue pour la première fois en 1970, cette correspondance entre Maurice Chappaz, poète d'âge mûr, et Jean-Marc Lovay, écrivain en gestation, saisit en direct les plus fortes étapes de leurs voyages intérieurs. Pour Lovay, le moment Rimbaud. Pour Chappaz, le temps d'un renouveau poétique. En 1965, Chappaz publie le Portrait des Valaisans. Il pointe le rêve tibétain qui loge au coeur du Valais. Le désir du lointain s'est également emparé de lui : ce sera la Laponie, en juillet 1969. Il encourage Lovay à suivre son instinct, comme lui-même autrefois. Et Lovay écrit. Les lettres adressées à l'aîné sont de révolte et de rejet : refus de la froide rationalité bureaucratique, du capital anthropophage, du règne de l'utile. Sous le regard tutélaire et jubilant de Chappaz, le voyageur Lovay, ignorant toute destination, plonge sans cesse de l'inconnu dans l'inconnu. Son chemin initiatique se déroule dans l'incertain et le provisoire. Il se dépouille de la carcasse culturelle (" on s'est vautré dans nos vieux concepts, on a perdu la Croix du Sud "), rejette " l'exotisme d'artifice " de l'Afghanistan. Seul demeure le conseil de Chappaz, " garder du primitif en circulation libre ". Dévoyée par la route, portée par l'attention d'un poète de cinquante ans angoissé devant " la vie qui nous échappe chaque instant ", l'écriture de Lovay est entrée en scène.
L’Inde où j’ai vécu
Alexandra David-Neel
Pocket, 2002
L'Inde où j'ai vécu est le récit du premier voyage d'Alexandra David-Néel en Inde, à l'aube du XXe siècle. La lecture des romans de Jules Verne... De longues heures passées au musée Guimet... Ainsi est née la passion des voyages, et surtout le désir d'Orient, d'Alexandra David-Néel ! L'Inde où j'ai vécu est le récit de son premier voyage en Inde, à l'aube du XXe siècle. Les dieux hindous et les rites qui leur sont consacrés. Le système des castes et l'abolition de " l'intouchabilité ". Les gourous, institution nationale aux mille formes. Les " saints " professionnels : ascètes, mystiques, philosophes, pèlerins... Tout ce qui fait la richesse de la religion hindoue est ici observé et commenté par celle qui se nommait " orientaliste-reporter ". Une initiation captivante aux mystères et à la sagesse de l'Inde.
Le sortilège du mystère
Alexandra David-Neel
Pocket
De nos jours, des troupes d'hallucinés cheminent à la suite de grotesques charlatans ou pseudo-mages pontifiants en oripeaux de carnaval, abusés par la promesse d'aborder, grâce à ces mystifications, aux rives d'"îles fortunées" spirituelles. Au cours de mes voyages, j'ai été amenée à faire de fréquentes incursions dans ce monde aux aspects tantôt invraisemblables, tantôt infiniment pitoyables, des spirites, des apprentis occultistes et des adeptes de sectes secrètes. Ce sont quelques-uns des "paysages humains", ainsi rencontrés, que je me propose d'esquisser dans le présent livre. Peut-être amusera-t-il certains de mes lecteurs ; et je souhaite qu'il puisse en éclairer d'autres, car la poursuite sincère et louable des hauts buts spirituels suit une route difficile, exposée à bien des erreurs.
Au cœur des Himalayas : Sur les chemins de Katmandou
Alexandra David-Neel
Pygmalion, 1978
Au début du XXe siècle, le Népal est encore pratiquement interdit aux étrangers. Grâce à ses amitiés et à une connaissance subtile de l'âme orientale, Alexandra David-Néel parvient à y entreprendre le plus étonnant des voyages. Publié en 1949 mais longtemps demeuré introuvable, «Au coeur des Himalayas» relate le pèlerinage que « Jétsunema » (la « Dame-Lama ») effectua durant l'hiver 1912-1913 sur les lieux mêmes où vécut le Bouddha. Son récit éclaire une civilisation à la fois cruelle et mystique qui échappe à tous les critères d'analyse de la pensée occidentale. C'est une très riche leçon d'histoire humaine autant qu'une captivante expérience vécue. Alexandra David-Néel (1868-1969), philosophe et féministe, bouddhiste, cantatrice, écrivain, reporter, première Européenne à avoir séjourné à Lhassa, au Tibet, en 1924, est la plus célèbre exploratrice du XXe siècle.
Les Indes Florissantes
Guy Deleury
Robert Laffont, 1991
Cette anthologie des voyageurs français en Inde entre 1750 et 1820 rassemblée par Guy Deleury comprend des extraits des écrits d’une cinquantaine de Français restés jusqu’ici inconnus du grand public. Ils sont regroupés thématiquement sous treize rubriques en commençant par les lettres de créance des voyageurs pour terminer avec leur vision de l’échiquier politique indien de l’époque, en passant par les différents axes principaux de l’observation de chacun d’eux sur les choses indiennes comme les secrets de la santé, les arts agricoles, les techniques de fabrication de divers produits, les modes de transport, les méthodes militaires, les fêtes, les croyances, la caste et le pluralisme culturo-religieux. Cette immense tapisserie de descriptions commentées permet de mieux comprendre l’Inde au xviiième siècle et de mieux saisir la mentalité et la démarche de ces Français séparés de leur patrie. De manière générale, le voyage en Inde à cette époque ne se faisait jamais pour de simples raisons touristiques mais plutôt pour quelque intérêt spécifique – scientifique, missionnaire, militaire ou commercial. D’ailleurs au fil des extraits il devient évident que si certains ont réussi à réaliser leur but, et si d’autres ont été moins heureux, dans l’ensemble leur vision globale de l’Inde et des Indiens, par la diversité même de leurs points de vue, de leurs origine sociales et de leurs raisons pour se rendre en Inde, est très complète et équilibrée.
Journal himalayen
Mircea Eliade
L’Herne, 1992
Journal Himalayen est un essai littéraire, un roman d’aventures au quotidien. Les aventures de l’esprit et de la chair survenues de 1928 à 1931, à Calcutta, à un jeune Roumain venu y étudier le sanskrit et la philosophie indienne. S’il ne néglige pas son travail, il ne dédaigne pas non plus les plaisirs. Il raconte ses amours et celles de ses amis, expose des pensées contradictoires avec une sincérité qui exclut la pudeur. Des notes de journal telles qu’elles se présentaient alors sous sa plume. Fruit d’un contact avec l’Inde (1928-1931) et de ses séjours dans les monastères himalayens, Journal Himalayen est un précieux témoignage sur cet extraordinaire berceau de la civilisation et de la spiritualité orientales. Peu d’écrivains européens ont connu comme Eliade la pensée et la poésie indiennes. Ce livre retrace son initiation à la civilisation indienne dans son sens le plus profond. L’évocation de la femme indienne et ses entretiens avec Tagore transmettent ses sensations les plus personnelles.
Journaux indiens
Allen Ginsberg
Christian Bourgois Éditeur
En 1962 et 1963, Allen Ginsberg séjourne en Inde avec son ami, le poète Peter Orlovsky. Au fil de ses observations, il accumule une matière écrite aussi fascinante que variée : scènes de rue abondantes et fouillées ; conversations avec des mendiants, des marchands, des poètes, des gurus ; transcription des interrogations et observations de sa propre conscience ; apprentissage de prières et mysticismes indiens...
Huit jours aux Indes
Émile Guimet
Phébus
En 1876, le ministre de l’Instruction publique charge Émile Guimet d’une mission en Extrême-Orient, qui l’entraînera de l’Inde au Japon, en passant par Shanghai, en compagnie de son ami le peintre Félix Regamey. Huit jours aux Indes, publié dans la célèbre revue de géographie Le Tour du monde en 1876, est caractéristique de l’esprit encyclopédique du futur créateur du musée Guimet. Tissé d’exposés archéologiques, de réflexions d’historien, d’esthète et de philosophe, ce classique du voyage orientaliste et humaniste est emblématique du regard porté sur l’Inde par le visiteur occidental du XIXe siècle.
Tintin au Tibet
Hergé
Casterman, 1960
Album emblématique dans lequel Hergé met en scène un Tibet idéalisé, dépouillé de tout exotisme colonial. Derrière le récit d’aventure, l’ouvrage reflète une quête morale et spirituelle, et a durablement façonné l’imaginaire occidental des hauts plateaux himalayens.
Les clochards célestes
Jack Kerouac
Folio
Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m'emmènerait jusqu'à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir. Roman emblématique de la Beat Generation, inspiré par les séjours de Jack Kerouac en Californie et son intérêt croissant pour le bouddhisme. À travers l’errance et l’ascèse, le livre préfigure la quête spirituelle qui nourrira plus tard les voyageurs du Hippie Trail.
Sur la route
Jack Kerouac
Folio
"Sur la route" est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat generation. En révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les États-Unis à la recherche d'un nouveau mode de vie. Récit fondateur de la Beat Generation, retraçant les voyages frénétiques de Kerouac et de ses compagnons à travers les États-Unis. Hymne à la liberté, à l’errance et au refus des normes sociales, ce livre constitue l’un des socles idéologiques du mouvement hippie.
L’univers des Orientalistes
Gérard-Georges Lemaire
Éditions Place des Victoires, 2000
L'Orient a fait irruption dans notre civilisation par le biais de la tradition judéo-chrétienne. Souvent ignoré pendant le Moyen Age, l'Orient devient une menace permanente pour l'Occident avec la formation de l'Empire byzantin, l'affrontement avec le monde arabe en Espagne, les croisades en Terre Sainte, la prise de Constantinople par les Ottomans. Mais la nécessité de développer de nouvelles routes commerciales, l'attrait pour sa culture, ses mœurs, ses mystères, poussent les voyageurs à l'explorer et les peintres à le représenter. Dès la Renaissance, de grands artistes (les Bellini, Carpaccio, Dürer) s'attachent à décrire cet univers à la fois séduisant et un peu inquiétant dans leurs œuvres. Le Siècle d'Or est à son tour hanté par ce qui est devenu une nouvelle manière de théâtraliser l'histoire ou de lire la Bible. La campagne de Bonaparte en Egypte donne une impulsion formidable à la connaissance de l'Orient. Les artistes se passionnent pour les découvertes de l'archéologie. Par la suite, l'engagement des romantiques au côté des Grecs luttant pour leur indépendance et les conquêtes coloniales donnent naissance à un genre pictural : l'orientalisme. Les peintres orientalistes - c'est-à-dire les peintres pour qui " l'Orient " au sens large a constitué la principale source d'inspiration - vécurent, pour la plupart, au XIXe siècle. Les uns en font le matériau exclusif de leur création, comme Decamps, Fromentin ou Gérôme. Les autres, comme Delacroix, accordent une place importante à l'Orient dans leur œuvre sans toutefois qu'elle soit prépondérante. Enfin, certains ne sont jamais allés en Orient, tels Ingres, Chassériau ou Moreau, mais en explorent les termes légendaires. En Grande-Bretagne, avec E. Lear, W.H. Hunt, Lewis ou lord Leighton, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Espagne, des écoles orientalistes voient le jour. L'auteur a voulu étudier aussi bien les précurseurs du mouvement orientaliste proprement dit (Gentile Bellini, Vittore Carpaccio) que les célébrités du XIXe siècle (Théodore Chassériau, Eugène Delacroix, Eugène Fromentin, Jean-Léon Gérôme, William Holman Hunt, Jean-Dominique Ingres, David Roberts, James Tissot, Horace Vernet). La peinture orientaliste commence son déclin au début du XXe siècle. En revanche, des esprits novateurs, quelques-uns des pionniers de l'art moderne (Kandinsky, Klee, Macke, Matisse, Camoin, Van Dongen, Marquet, etc.) ont inscrit de manière décisive l'Orient dans leurs recherches. Les amateurs de cet " art qui fait voyager " sont de fidèles adeptes de cet exotisme dont la vogue, comme le démontre Gérard-Georges Lemaire, est déjà ancienne.
En Inde
Albert Londres
Arléa, 1998
1922, Albert Londres est à Calcutta. Il découvre un " Empire britannique " où cohabitent des millions d'hindous, de musulmans, de bouddhistes, de chrétiens et de sikhs. Spontanément hostile aux Anglais, le grand reporter se met à l'écoute des revendications nationalistes de trois personnalités singulières : Gandhi, Nehru et le grand poète Tagore
L’Inde (sans les Anglais)
Pierre Loti
Libretto, 2011
" C'est en considérant l'Inde comme un pays imaginaire qu'on s'approche le plus de la réalité ", affirmait le philosophe Jean Grenier. S'il est un auteur répondant à merveille à ces exigences c'est bien Pierre Lotti, tant Mahé des Indes et l'Inde (sans les Anglais) regorgent de couleurs, de contrastes, de fragrances, de musiques, de merveilles et de misère. De Mahé à la côte de Malabar, de Hyderabad à Jaipur, d'Agra aux rives sacrées du Gange, Loti s'y révèle poète et fin ethnographe, sensible aux grands espaces à travers ce qui sera bien plus qu'une quête mystique, un pèlerinage, qu'une frivole escapade de mauvais touriste amateur d'exotisme. Texte emblématique de la littérature de voyage fin-de-siècle, dans lequel Pierre Loti cherche une Inde débarrassée de l’influence britannique. Entre lyrisme, exotisme et subjectivité assumée, l’ouvrage participe à la construction d’un imaginaire oriental durable en Europe.
La voie cruelle
Ella Maillart
Petite Bibliothèque Payot, 2001
En juin 1939, alors que l'Europe s'apprête à basculer dans la guerre, Ella Maillart et son amie Christina (en réalité Annemarie Schwarzenbach) décident de partir au volant d'une Ford vers l'Afghanistan, pour découvrir « comment on peut vivre en accord avec son coeur ». Dans ces paysages somptueux, tout oppose les deux femmes, l'une robuste, l'autre blessée. Ella n'arrachera pas Christina à la souffrance et à la drogue, mais elle tirera de cette expérience un récit magnifique et poignant, un récit qui « fait travailler l'imagination » - son meilleur livre.
Une certaine idée de l’Inde
Alberto Moravia
Arléa, 2007
En 1961, Alberto Moravia voyage en Inde avec Elsa Morante, sa femme, et leur ami Pier Paolo Pasolini. De ce voyage, la littérature gardera deux livres complémentaires et éblouissants : celui de Pier Paolo Pasolini, L'Odeur de L'Inde, et celui d'Alberto Moravia, qui participe d'une plus réelle objectivité. Tout en cherchant les causes de la pauvreté d'une grande partie de la population, Moravia s'entretient avec Nehru, n'hésite pas à dénoncer le système des castes, et passe en revue les religions du sous-continent : hindouisme, jaïnisme, sikhisme, islam, judaïsme, bouddhisme et christianisme. Si le regard de Pasolini est toujours léger et humain, celui de Moravia traverse les siècles et les cultures avec un esprit de synthèse remarquable.
Un petit tour dans l’Hindou Kouch
Eric Newby
Petite Bibliothèque Payot, 2001
Lorsque, en 1956, Eric Newby décide de partir pour le Nuristan, cette région particulièrement accidentée et sauvage de l'Afghanistan, il ignore tout des Afghans, de l'alpinisme et, pour tout dire, des voyages... Son humour légendaire et un sens pratique insoupçonné lui permettront d'échapper aux pires traquenards. Remarqué par Evelyn Waugh et Graham Greene, salué comme un maître par Paul Theroux et Bruce Chatwin, Eric Newby (1919-2006) a sillonné la planète dans les circonstances les plus ahurissantes et exercé les métiers les plus divers (mousse, employé de haute couture, etc.). Sa vie est une suite de curieuses expériences qu’il a relatées avec beaucoup de succès dans ses livres désopilants. Un chef-d’oeuvre d’humour british, par l’une des figures les plus populaires du «travel-writing»
L’odeur de l’Inde
Pier Paolo Pasolini
Folio, 2002
Dans L'Odeur de l'Inde, Pasolini témoigne de son émerveillement et de son expérience sensible d'une humanité autre, loin des perceptions occidentales. Trente ans plus tard, Paolo Roversi donne à voir une Inde tout aussi mystique et fabuleuse, saisie dans des tonalités sépia et des couleurs poudrées, signature de son esthétique. Un soir de janvier 1989, Paolo Roversi fait une halte à l'hôtel Malabar de Cochin, dans la région du Kerala. Il a déjà réalisé plusieurs voyages en Inde. Ce soir-là, alors qu'il entame la lecture de L'Odeur de l'Inde de Pier Paolo Pasolini, il réalise qu'il réside exactement dans l'établissement où a séjourné presque trente ans plus tôt son compatriote italien. En 1961, Pasolini part en Inde en compagnie d'Alberto Moravia et d'Elsa Morante. L'ouvrage qu'il écrit à son retour évoque ses impressions, ses errances nocturnes, mais aussi ses rencontres. Dans L'Odeur de l'Inde, Pasolini témoigne de son émerveillement et de son expérience sensible d'une humanité autre, loin des perceptions occidentales. Trente ans plus tard, Paolo Roversi donne à voir une Inde tout aussi mystique et fabuleuse, saisie dans des tonalités sépia et des couleurs poudrées, signature de son esthétique. Les variations de lumière et le modelé des volumes dessinent un univers onirique, en suspens. Palais de marbre décrépis, petites échoppes, ruelles peuplées d'un bestiaire d'ânes et de vaches sacrées, vallées sableuses nimbées d'un voile ambré, et surtout portraits de femmes, d'hommes et d'enfants où l'on retrouve la douceur et l'élégance du regard de Roversi. Concentrés sur leur tâche ou posant, subrepticement, devant l'objectif du photographe, ils composent un portrait kaléidoscopique de l'Inde. Publié conjointement avec le texte in extenso de Pasolini, L'Odeur de l'Inde de Roversi immerge le lecteur dans une Inde mystérieuse et fantastique. En lire moins
Au fil des bornes
Jean-Robert Rapp
Éditions l’Archipel, 1953
3 jeunes gens vont, au tout début des années 60, réaliser un raid de Strasbourg jusqu'en Inde. Ils ont une particularité, tous trois sont atteints de poliomyélite, cette terrible maladie qui, à cette époque, était malheureusement fréquente. Avec un courage extraordinaire et dans une Renault Prairie de 1953, ils vont réaliser cet admirable exploit.
Bleu immortel : Voyages en Afghanistan
Annemarie Schwarzenbach, Ella Maillart, Nicolas Bouvier
Éditions Zoé, 2003
En 1939, Annemarie Schwarzenbach et Ella Maillart arrivèrent en Afghanistan après avoir traversé, en voiture, les Balkans, la Turquie et l'Iran. Un goût commun pour les pays lointains avait rapproché la photographe journaliste et l'exploratrice écrivain. De ce voyage elles rapportèrent leurs impressions, transcrites en textes et en photographies. Près de quinze ans plus tard, Nicolas Bouvier suivait leur route jusqu'en Afghanistan, via le Bélouchistan et Kandahar, avant de poursuivre vers le Japon en passant par l'Inde et Ceylan. C'est la première fois qu'un livre réunit les écrits et les photos de ces trois écrivains voyageurs, suisses et célèbres. Leurs regards sur l'Afghanistan, à la fin des années 30 et au début des années 50, sont précieux aujourd'hui où l'on tend à ne plus voir, de ce pays, que l'époque des talibans. Et leurs textes sur le goût du voyage en disent plus sur leurs ressemblances que sur leurs différences: ils sont habités par une géographie de l'infini.
Où est la terre des promesses ?
Annemarie Schwarzenbach
Petite Bibliothèque Payot Voyageurs, 2012
Le 6 juin 1939, Annemarie Schwarzenbach quitte Genève dans la Ford Roadster Deluxe que vient de lui offrir son père. Sa destination : l'Afghanistan. Sa compagne de voyage : la déjà célèbre Ella Maillart qui veut l'arracher à la drogue. On connaissait de cette aventure exceptionnelle «La Voie cruelle», l’un des plus beaux livres d'Ella Maillart. Voici rassemblés les textes de celle qui s'y cachait sous le pseudonyme de Christina. Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), écrivain, photographe et archéologue, mêle ici journalisme et poésie. C'est avec un même talent qu'elle promène son errance intérieure dans l'immensité de la steppe et qu'elle s'interroge sur le statut de la femme en terre d'islam.
La terre en rond
Jean-Claude Baudot, Jacques Séguéla
Ouest-France, 1990
A trois jours de marche de toute présence humaine, perdus dans la jungle siamoise où l'orage est déchainé, une 2CV Citroën et ses deux occupants pataugent dans un fleuve de boue. Tous les mètres, il faut s'arrêter, se plonger jusqu'aux cuisses dans le bourbier, poser le cric, tapisser le sol de branchages, démarrer lentement et recommencer aussitôt après. Sept heures d'efforts inhumains pour avancer de trois kilomètres. - Nous n'y arriverons jamais ! hurle Jacques dans les rafales de vent, les trombes d'eau, les craquements des arbres déchirés par la foudre... Si, pourtant, ils y arriveront. Partis de Paris le 9 octobre 1958 avec leur 2CV, Jacques Séguéla et Jean-Claude Baudot y reviennent le 12 novembre 1959. Ils ont parcouru 100 000 km autour de la terre, traversant 8 désert, 50 pays, passant 350 nuits à la belle étoile et 2247 heures au volant. Au cours d'un an et un mois de voyage sur les cinq continents, ils ont vécu les aventures les plus cocasses et les plus dramatiques, partageant l'existence des Touareg du Sahara, des clochards de San Francisco. Dévalisés à Johannesburg par la pègre des mines d'or, ils ont été pillé en Thailande par des pirates birmans qui les ont abandonnés dans la jungle, ligotés à un arbre. Ils ont traversé le Pacifique dans la cale d'un paquebot et passé à Honolulu une journée de milliardaire. Chargés par un éléphant au Congo, ils ont heurté, de nuit, un tigre royal près de Delhi... Perdus dans le Grand Désert Salé, Jean-Claude rendu aveugle par l'ophtalmie des sables, ils sont restés pendant quinze heures sans eau ni nourriture sous le soleil le plus brûlant du monde. Ils ont terminé sur une jante la traversée du terrible désert noir du Béloutchistan, après 28 heures de peine. Ils ont passé à gué la vallée de l'Indus inondée, sondant l'eau devant eux durant une journée entière. Tout cela, ils le content dans ce livre plein de charme, dont le ton renouvelle le genre du livre de voyage. C'est la "nouvelle vague" de l'aventure.
Walden ou la vie dans les bois
Henry David Thoreau
Espaces Libres, 2014
« Simplifiez, simplifiez ! » : telle est l'invitation de Thoreau dans ce chef-d'oeuvre de la littérature américaine qu'est Walden. Au printemps 1845, l'écrivain a décidé de vivre cette expérience d'un quotidien fait de peu de choses et qui s'abandonne à la présence de la nature. « Ne devant rien à personne, travaillant juste assez pour pouvoir se nourrir, se vêtir et se chauffer, et surtout, surtout jouissant à profusion des dons du monde. Les bruits et les couleurs, les dessins des paysages, les rencontres animales, les brises du matin ou les caresses du soleil : ce seront ses uniques richesses pendant près de mille jours », résume le philosophe Fréderic Gros dans sa préface. Ce dernier souligne combien cette « vie dans les bois » allait bientôt résonner comme un appel au renouveau et à l'insoumission : « Tout est là : il ne s'agit pas d'accumuler, d'avancer, ni même de croire, mais de revivre à soi-même, de se surprendre, de se recommencer. » Un renouveau auquel la nature toujours nous éveille dans ces pages visionnaires. Texte fondateur de la pensée individualiste et naturaliste américaine. À travers son retrait volontaire dans les bois, Thoreau développe une réflexion sur la simplicité, l’autonomie et la liberté, qui influencera durablement les contre-cultures du XXᵉ siècle.
Amour et connaissance
Alan Watts
Almora, 2015
Dans cet essai publié en 1958, l′auteur, spécialiste du taoïsme et du zen, maître à penser de la beat generation, dénonce certaines oppositions qui ont fondé la civilisation occidentale. S′appuyant sur les sages d′Extrême-Orient, il préconise un nouvel art de vivre fondé sur le sentir, la spontanéité, ouvrant la voie à une écologie spirituelle et à une sexualité contemplative libérée de l′ego. Essai philosophique et spirituel dans lequel Alan Watts explore les relations entre amour, connaissance et expérience mystique. Figure majeure du pont entre Orient et Occident, l’auteur a profondément influencé la pensée et la spiritualité de la contre-culture.

La route : récits et témoignages

Le cœur du Hippie Trail. Des récits de poussière, de bus magiques, de rencontres et de quête de soi sur les routes d'Asie.

Actuel n°9 — « Prendre la route »
Revue Actuel
Juin 1971
Numéro emblématique consacré à l’appel du voyage et de la route. Reportages, témoignages et récits accompagnent l’essor des départs vers l’Orient et l’Inde, faisant de la route une expérience existentielle et politique au cœur de la contre-culture.
Actuel n°21 — « Tout au bout de la route »
Revue Actuel
Juin 1972
Suite directe du numéro précédent, ce dossier approfondit l’expérience du voyage au long cours. L’Inde, le Népal et l’Afghanistan apparaissent comme des horizons ultimes, mêlant quête de liberté, dérives et désillusions.
Fous de l’Inde
Régis Airault
Payot
L'Inde rendrait-elle fou ? Un psychiatre, Régis Airault, a constaté que, de Bombay à Goa, de Delhi à Pondichéry, un véritable syndrome indien touche les Occidentaux - pour la plupart des adolescents et des jeunes adultes - qui se rendent dans ce pays. Là plus qu'ailleurs, et de manière plus spectaculaire, il semble que notre identité vacille. Des personnes jusque-là indemnes de tout trouble psychiatrique éprouvent soudain, sans prise de drogue, un sentiment d'étrangeté et perdent contact avec la réalité. Plus curieux : ces troubles sont presque tous sans lendemain. Revenu chez lui, le voyageur en garde même un bon souvenir et, quelque temps plus tard, il n'a souvent plus qu'une idée en tête : retourner en Inde... Qu'est-ce donc qui nous attire en Inde ? Pourquoi sommes-nous si fragiles là-bas ? Et que nous apprend sur nous-mêmes cette expérience qui transforme en profondeur notre vision du monde
Le voyage de Lolo
Loïc Allio
Oh ! Éditions, 2010
Loïc Allio a pris la "route des Indes" au printemps 1971... en embarquant à Marseille pour la Tunisie, la Libye, le Liban... Libre comme l'air, il préféra parcourir le monde sur les traces de Rimbaud, dont les idéaux étaient proches de ceux des hippies.
H
Brigitte Axel
Flammarion, 1970
On parle beaucoup, dans la presse, à la radio et dans les livres, de “l’aventure hippie”, de cette fameuse “route de la drogue” qui, par la Turquie et l’ancienne Perse, conduit les jeunes en rupture de bourgeoisie jusqu’aux paradis artificiels de l’Inde. Il s’agit toujours de documents de seconde main ou romancés. Ici, une jeune fille raconte sans fard, sans justification ni glorification, dans toute sa vérité bouffonne, parfois dramatique, parfois exaltante, cette aventure qui a représenté pour elle une quête de l’absolu. Comme Brigitte Axel est écrivain, qu’elle sait observer et décrire, le résultat n’est pas seulement un passionnant document vécu, mais aussi une histoire que le lecteur aura lui-même l’impression de vivre en la lisant.
Les amoureux de l’Inde
Ouvrage collectif
Brumerge
L'Inde... c'est merveille ! c'est le choc des cultures, leur confluent pourtant. Trente et un passionnés racontent dans ce recueil leur rencontre avec cette contrée mythique. Ils ou elles sont écrivains, sanskritistes, chercheurs, yogis, traducteurs, danseuses, artistes, humanitaires, journalistes, photographes, réalisateurs, mathématiciens, informaticiens ... ou encore simples voyageurs... tous amoureux de l'Inde. Ils sont réunis là comme les sages un peu aveugles et tâtonnants autour de l’éléphant de la parabole, mettant en commun leurs lueurs pour chercher à s’en faire une idée. Comme des spectateurs éblouis saisissant quelques poses de cette danse éternelle de Kali ou de Shiva qu'est Bharat-India.
Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas
Lucie Azema
Allary Éditions, 2024
L'appel du lointain est né dans les cabinets de géographes et les livres. On élaborait des rêves sur les cartes, les peuplant d'îles imaginaires et de créatures fantastiques. L'ambition était de se heurter aux limites du monde connu, puis de les dépasser, de s'aventurer au-delà. On recherchait le jardin d'Éden ; on remontait le Nil, croyant que le paradis y prenait source ; on s'enfonçait dans l'Amazonie pour y trouver l'Eldorado ou la cité de Z. Lucie Azema nous raconte les liens intimes entre l'utopie et le voyage à une époque où le monde se rétrécit, où les frontières se dressent, réduisant notre horizon. Pour cela, elle parcourt l'histoire depuis l'Antiquité, puis, de la Turquie à Katmandou, emprunte la route des hippies dans les sixties. Cette époque a démocratisé le voyage et montré que le départ vers un pays réel était aussi, et peut-être surtout, le départ vers un pays rêvé. Les mondes intérieurs et les mondes physiquement traversés sont profondément liés, se répondent et se nourrissent, jusqu'à définir nos territoires intimes. C'est là l'essence du voyage, la promesse d'un plus vaste espace de liberté
Les chemins de Katmandou
René Barjavel
Pocket
De tous les coins de la terre, des garçons et des filles se mettent en marche vers Katmandou, la ville qui dresse ses deux mille temples au pied de l'Himalaya, à la frontière du Tibet. Que vont-ils y chercher ? À la fin des années 1960, la jeunesse du monde se cherche une cause à défendre. Leurs parents ont fait la guerre ? Ils seront pacifistes ! La société ne veut que consommer ? Seul l'amour compte ! Pour Olivier et Jane, deux adolescents qui rejettent la vie qu'on leur promet, la vérité se trouve à l'autre bout du monde, au Népal. Mais que l'on quitte les barricades parisiennes ou le brouillard londonien, il est bien long, le chemin qui mène à Katmandou...
LA ROUTE DES HIPPIES - TOME 1: Le voyage d'un enfant-fleur à travers des pays et des mondes inconnus
Wolfgang Bendick
neobooks, 2017
Je pars en moto. D'abord l'Inde, pourquoi pas le monde ? Mais l''Autoput', l'autoroute yougoslave, s'avère d'être plus fort que la technique. Je continue alors en auto-stop avec mon sac à dos vers la Grèce puis en bateau en Turquie. A Istanbul je rencontre beaucoup d'êtres chevelus en fringues multicolore venant des quatre coins du monde. Nous avons tous la même idée : L'Est ! Dans in vieux bus nous partons à la recherche de la paix, de dieu et de nous-mêmes. Le haschisch, la méditation, tout est permis pour accéder à la conscience cosmique. En passant par Kaboul et le col du Khyber j'arrive enfin en Inde. Amritsar, Benares, des Temples, des Sadhus. L'Inde est une révélation ! Le Népal avec ses temples tibétains et ses Chorten est aussi fascinant que l'Himalaya ! Mais la mort guette partout. Mais elle me laisse repartir et je prends alors la route vers l'Asie du Sud-Est.
La route des hippies - Tome 2: Récit de voyage d'un enfant-fleur à la découverte de pays et de mondes inconnus
Wolfgang Bendick
neobooks, 2017
Six jours à travers la mer de Bengale. Je cherche un hôtel bon marche et me retrouve dans un bordel. Je squatte à côté d'un village de pécheurs et pars avec eux en mer. A Johore Bahru les esprits affamés font la fête. Un trip à travers le Nirvana, je coupe mes cheveux et me rends à Singapore. Je traverse l'Australie de long en large. Des rencontres avec des kangourous et la solitude. Après beaucoup de poussière je rencontre enfin des gens. La vie en communauté. Nous traversons ensemble les portes de la perception. En suite les îles Fiji et les joies des mers du sud. Le Mexique, le pays des pyramides et du peyotl m'accueillent bras ouverts. L'incarnation de dieu arrive à Los Angeles. Je traverse Big Sur et arrive avec des fleurs dans les cheveux à San Francisco. Love and peace ! Un long chemin à travers le Canada. Par vol charter je rejoins le vieux monde.
Un aller-retour à Kaboul: La route des hippies, tome 3
Wolfgang Bendick
epubli, 2024
La frontière étant fermée, il ne nous reste plus que le chemin passant par les montagnes enneigées pour pouvoir rester libres. Notre direction: vers l’est; notre but: quelque part. Une fois arrivés dans le sud du Tyrol, plus rien ne devrait nous arrêter. Mais les choses ne se passent jamais comme prévu. En cette période, peu de gens sont sur la route. Mais les rencontres n’en sont que plus intenses. Nous échangeons nos expériences, nous partageons notre destin. Pour quelques jours, quelques milliers de kilomètres, on avance ensemble, qu’on le veuille ou non. Malheureusement, un compagnon ne se révèle pas toujours être un ami. Ce livre, comme tous mes autres ouvrages, est écrit dans le langage courant, la „langue du peuple“. C’est la seule qui peut refléter fidèlement ce qui s’est passé.
La quête Shangri-La: La route des hippies, tome 4
Wolfgang Bendick
epubli, 2024
Nous voulons aller vers l'est, une sorte de pèlerinage. Après avoir essayé de faire du stop, nous avons acheté un vieux combi VW. En fait, c’est un moyen idéal de voyager. Mais en cas de panne, ça devient plus que compliqué ! Car sans véhicule, il est impossible de quitter le pays. Et soudain, nous nous retrouvons même avec deux véhicules en panne sur les bras ! Trois fois le col de Khyber, et nous nous retrouvons enfin sur la route avec pour seul bagage notre sac à dos. Amritsar, Delhi et d'autres lieux nous rapprochent de l'Himalaya. Là, nous montons notre petite tente à côté d'un monastère lama et parcourons les vallées. Célébration de la pleine lune avec beaucoup de musique et du thé au beurre. Lorsque nous arrivons à Bénarès, on célèbre Divali, la fête de la lumière, on se baigne dans le Gange et on repart doucement. Mais le voyage se change en course !
Déplacer l’horizon
Philippe Bissières
Alios éditeur, 2024
Avec un ami, Jean-François Monod, l’auteur parcourt plus de 11680 km en Solex, de Paris à Katmandou, puis un millier à pied, souvent seul, dans les montagnes himalayennes. Parti le 9 juillet 1969, il rentre le 6 octobre 1970. Mais ceci n’est que la trame. La chaîne est celle des nombreuses rencontres qui font le tissu rapiécé de ce récit. Publié cinquante-quatre ans après avoir été vécu et presque vingt ans après avoir été rédigé, ce récit de voyage est le plus souvent en violent décalage avec le réel d’aujourd’hui. Plus grand chose n’existe – et surtout n’est possible – de ce qui a été vécu. Dans beaucoup d’endroits, urbains surtout, il y a sûrement eu davantage de changements dans ce dernier demi-siècle qu’au cours de plusieurs siècles précédents. Les descriptions au présent méritent donc une lecture à distance. Il faudra faire le tri. Tout est daté. Mais c’est justement ce qui a motivé cette publication, en 2024.
Pour commander à l’éditeur : info@alios.me
Les chemins de la paix
André Brugiroux
Géorama
LES CHEMINS DE LA PAIX Le grand frisson d'espérance des années 60 aimanta vers l'Inde des jeunes par milliers. Mais que sont devenus aujourd'hui leurs rêves de paix, d'amour et de justice ? Issu de pays et de milieux différents mais réunis par les péripéties d'une même quête, Juan José le Mexicain, Jennifer l'Américaine et Antoine le Français, trois authentique super-routards, nous font revivre à travers ce superbe récit d'aventures ce que furent les grandes années de la Route et nous montrent ce qui, de cette forte et belle expérience, subsiste dans leur vie quotidienne
L’Antivoyage
Muriel Cerf
Babel
Partir, c'est mourir un peu... Pour Muriel, c'est avant tout quitter Paris, mégapole inhumaine et aseptisée. Plonger dans les âpres sentiers de la découverte... En route pour l'Asie ! Avec d'abord la moisissure géante de Bombay, ses guenilleux, le corps fardé de cendre sacrée. Puis Katmandou, confuse, bourgeonnante, livrée à Kâli la noire. Calcutta, paradis pour crève-la-faim mais aussi Bangkok et ses déesses cradingues. Singapour, jardin des délices... Et si tout cela n'était que folklore ? Illusion ? Mille kilomètres pour bazarder les choses inutiles qui encombrent une vie. Au terme de l'aventure, on se retrouve seul. Face à soi-même. Prêt désormais au voyage intérieur. Seul capitaine à bord du bateau ivre. Tabler : Introduction, - LES POMMES FRITES DE L’ARMÉE DU SALUT (Bombay) - RAS-LILA (Népal) 1 Camp Hôtel 2 La maison à la gueule de lion, 3 Le Flamingo. - SWEET RAINS (Calcutta-Sikkim) 1 La Mort rouge 2 Les âpres sentiers. -L’AVENTURE RAMAYANESQUE (Bangkok-Penang-Singapour) 1 La Cité des Anges, 2 L’île des arbres à bétel, 3 La citadelle de dollars.
Rex Hotel
Josiane Chabel
Les Éditions du Net, 2023
Un voyage en Inde, en 2007, va réveiller les souvenirs d’un premier voyage en 1970, et redonner vie a des personnages connus et reconnus. Le passé et le present se télescoperont et tel un « Bang Bombay », emmeneront l’autrice dans un voyage mental proche d’un rite initiatique. Réflexions philosophiques, anecdotes d’un passé révolu, une « autofiction », qui documente le voyage mythique de la « route-des-Indes » dans les années 70.
Charlie mensuel n°139
Revue Charlie mensuel
Août 1980
Choron, Cavanna, Wolinski, Willem... Premier mensuel de bandes-dessinées pour adultes.
Calcutta – Katmandou 1964–1968–1970
Béatrice Corti-Dalphin
Genève, B. Corti-Dalphin, 2016
L’Inde et le Népal, c’est un récit de jeunesse, à la fin des années soixante, où, après avoir traversé le Rideau de fer, je me suis immergée dans l’univers chatoyant de l’Orient, insoucieuse des dangers, voire même en les recherchant inconsciemment.
Trois vies… Itinéraire d’un Aurovilien
Bernard Delambre
CreateSpace Independent Publishing Platform, 2013
« Trois Vies. Itinéraire d’un aurovilien. » Récit de Bernard Delambre. Comment passe-t-on, à vingt ans, d’une cellule de prison parisienne à Auroville, la seule utopie des années 68 qui continue à se développer sur un plateau rouge de l’Inde du Sud ? C’est ce passionnant parcours initiatique d’un jeune homme en quête de sa raison d’être que Bernard Delambre nous livre dans ce récit autobiographique écrit avec simplicité et émotion. Tiraillé entre une profonde aspiration à vivre un idéal élevé et le besoin vital de guérir les blessures de son enfance, il confie dans des pages parfois bouleversantes, les coulisses intimes d’un itinéraire peu ordinaire qui l’a conduit en une douzaine d’années de la prison aux mouvements religieux et aux sociétés initiatiques, puis au monde des arts à la révolution estudiantine, et finalement à Auroville. Après les barricades de mai 68 à Paris, il partira en Inde pour construire, avec une poignée d’idéalistes qui croyaient comme lui en un monde plus vrai, la cité idéales d’Auroville qui venait juste d’être fondée, et où il passera une grande partie de sa vie. Il y séjourne toujours.
Flash ou le grand voyage
Charles Duchaussois
Le Livre de Poche
De Marseille au Liban, d'Istanbul à Bagdad, de Bombay à Bénarès, en bateau, à pied, en voiture, Charles peu à peu se rapproche de Katmandou, le haut lieu de la drogue et des hippies. Sa route est jalonnée d'aventures extraordinaires. A Beyrouth, il s'associe à des trafiquants d'armes, il participe dans les montagnes du Liban à la récolte du hachisch. A Koweit, il dirige un night-club. Au Népal, il devient pendant quelque temps le médecin et le chirurgien des paysans des contreforts de l'Himalaya. C'est enfin l'épisode de Katmandou et l'évocation saisissante de l'univers des drogués : l'opium et le hachisch qui font « planer », le « flash » de la première piqûre, le « grand voyage » du L.S.D. Jamais peut-être un homme, sauvé in extremis, n'était allé aussi loin et n'avait pu revenir pour dire ce qui se passe là-bas. Succès massif des années soixante-dix, le livre a durablement façonné l’imaginaire sombre du voyage hippie.
La caravane intérieure
François Gautier
Les Belles Lettres, 2005
Adolescent désabusé, conscient que ses maîtres occidentaux n'ont su lui répondre à la question qui hantent tous les hommes - pourquoi vivre ? - François part, au hasard de rencontres, vers l'Orient pour arriver, après bien des aventures, à Delhi, et tombe aussitôt amoureux de cette Inde dont il ne connaît pourtant rien. Sa quête se poursuit vers le sud, jusqu'à Pondichéry où se produira la révélation, grâce à sa rencontre avec Mère, compagne spirituelle du grand philosophe Sri Aurobindo dont l'œuvre a profondément influencé des milliers d'Européens, inconnus ou célèbres. François décide alors de participer à la création d'Auroville, cette cité qui se veut le berceau d'une humanité nouvelle, mais n'est pour le moment qu'un désert de rocher. Ils ne sont pourtant qu'une poignée pour édifier, sur les plans d'un architecte français visionnaire, cette ville qui abolit ce qui divise les hommes, et sera finalement inaugurée par les délégués de 121 pays... Entre les travaux de terrassement, la plantation de centaines de milliers d'arbres et la maçonnerie, François passe aussi des années à s'initier à la méditation à l'ashram de Pondichéry - puis s'aperçoit soudain qu'il ne connaît toujours pas l'Inde, et s'en va à sa découverte... Une quête qui lui fera connaître l'amour humain, en attendant le temps de partir pour la caravane intérieure.
The Hippie Trail: A History
Sharif Gemie, Brian Ireland
Manchester University Press, 2017
Étude historique de référence consacrée au Hippie Trail, et première du genre. En anglais. Le livre retrace les joies et les peines des voyages à petit budget à Katmandou, en Inde, en Afghanistan et dans d'autres « destinations orientales » dans les années 1960 et 1970. Rédigé dans un style clair et simple, il fournit une analyse détaillée des motivations et des expériences de centaines de milliers de hippies qui ont voyagé vers l'Est. Le livre s'articule autour de quatre débats clés : les voyageurs étaient-ils simplement motivés par la recherche de drogues ? Ont-ils trouvé l'amour ou la liberté sexuelle sur la route ? Étaient-ils essentiellement des touristes ? Ressemblaient-ils à des pèlerins ? Il examine également la manière dont les voyageurs ont été représentés dans les films, les romans et les récits autobiographiques, et intéressera ceux qui s'intéressent au Trail ou à la contre-culture des années 1960, ainsi que les étudiants qui suivent des cours sur les années 1960.
La tentation des Indes
Olivier Germain-Thomas
Folio
Un homme encore jeune se rend en Inde par voie terrestre : Venise, Grèce, Turquie, Afghanistan, couleurs et odeurs. Il est en quête de rencontres et de lui-même... Voici le Gange, des montagnes saintes, un désert, des trains, des scènes cocasses, des rituels, une femme-ombre, des fêtes, un maître bouddhiste, un chat malingre à nourrir... Qu'a-t-il trouvé ? Un voyage sensuel et spirituel, invitation à l'étonnement. Ecrivain-voyageur, Olivier Germain-Thomas a reçu en 2006 un Grand Prix de littérature décerné par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre (prix Henri Gal Institut de France).
Globe-Trotters Magazine n°65 — « Spécial Années 70 »
Globe-Trotters Magazine
Mai–juin 1999
Nous avions 20 ans et des rêves pour seul bagage. Sur les murs, des slogans insolites exprimaient notre soif d'idéal : « Sous les pavés la plage », « Faites l'amour, pas la guerre ». Mai 68 était tout proche. Tournant le dos à cette société de consommation qui menaçait de nous absorber, nous sommes partis vers d'autres horizons. L'Histoire, toujours réductrice, n'a retenu de nos voyages qu'un cliché : des auto-stoppeurs aux cheveux longs, aux tenues flamboyantes, filant vers Katmandou pour rejoindre des paradis artificiels. Travail stable, vie de famille, enfants, séparations, retrouvailles, pour beaucoup, 30 ans plus tard, le voyage est devenu le synonyme pâlot de congés annuels. Sommes-nous enfin rentrés dans le rang ? Pas sûr. En chacun de nous sommeille cette petite graine de folie semée lors du grand voyage initiatique. Il a suffi de lancer l'idée de fêter ces années de jeunesse pour que, nombreux, nous ressortions carnets de route, photos jaunies, guides, disques, pantalons pat’deff, et surtout les précieux souvenirs enfouis dans nos mémoires. Ce dossier écrit à trente plumes, nous l'avons préparé par petites touches depuis l'automne dernier : appels à témoins, soirées à thème, dimanches après-midi à la Case Globe-Trotters, frappe des textes, illustration, enfin relecture et mise en page par l'équipe de Globe-Trotters magazine. Autant d'échanges riches, drôles ou émouvants où chacun a parcouru le chemin en sens inverse pour redonner corps à ces années folles. Reflet de ces échanges, ce numéro spécial alterne réflexion et récits de voyage. Il explore tour à tour nos motivations, le climat social de l'époque, l'art et les modes du voyage, la célèbre route des Zindes et celle qui conduisait à San Francisco et tente de dresser un bilan de vingt années de voyages. Beaucoup parmi les anciens se reconnaîtront dans cette évocation. Les jeunots découvriront qu'au passage cette époque a inventé les charters, l'usage des transports locaux et des hôtels miteux par des Occidentaux, le Guide du Routard, bref le mode de voyage individuel à petit budget dont ABM est directement l'héritier. Gageons qu'ils trouveront là matière à enrichir leur propre vision du voyage.
Trip indien
Pascal Grellety Bosviel
Elytis, 2012
En 1970, avant de fonder MSF avec une poignée d'autres médecins, Pascal Grellety Bosviel effectue un voyage insensé en Inde. Il en ramène un carnet de route écrit « sur le terrain », en pleine période hippie, qui rassemble des notes, des photos et des croquis essayant d'éclairer d'une lumière objective la grande Quête d'une certaine jeunesse qui rejeta le monde moderne. De la descente du Gange à son entretien avec le Dalaï-lama, de ses rencontres avec les hippies à ses expériences hallucinatoires, c'est le carnet inédit d'un incroyable voyage que nous propose l'humaniste Docteur Pascal Grellety Bosviel.
La chrysalide et le papillon
Michel Guillermas
Les Éditions du Net, 2013
Un road movie entre Inde et Népal, ponctué de rencontres extraordinaires. Un voyage initiatique sur les chemins de Katmandou à la rencontre des derniers Hippies. D'après la légende, c'est en observant une chenille devenir chrysalide puis la chrysalide devenir papillon que le Dieu Brahma entérina le cycle de la réincarnation.
De Saint-Malo à Colombo
Jean Jacques Guyon
Auto-édition, 2023
Dans les années 1970, deux jeunes Français de 23 ans, expatriés en Allemagne, préparent leur road trip sur les routes de la soie. À bord de leur Combi Volkswagen, leur soif d'aventures va les conduire jusqu'en Inde puis Ceylan (Sri Lanka). Nous les suivrons tout au long de leur voyage, partageant avec eux leurs péripéties, passant du rire aux larmes. Une histoire personnelle faite de belles rencontres et d'amitié, devenue aujourd'hui un témoignage à la portée universelle.
J’étais médecin chez les hippies
Jean-Pierre Isal
Albin Michel, 1975
Dans les années 1970, le docteur Isal partage son expérience insolite de médecin consulaire auprès des hippies en Inde. Entre la découverte d'un mode de vie alternatif, la gestion des problèmes de santé liés à la drogue et les relations avec une communauté marginale, il confronte ses valeurs et ses convictions. Un récit captivant qui mêle médecine, voyage et questionnements existentiels.
Flash ou le grand voyage (BD)
Kotlarek & Jef
Des ronds dans l’O, 2013
Adaptation en bande dessinée du récit culte de Charles Duchaussois. Vendu depuis sa sortie en 1974 chez Fayard à 6 millions d'exemplaires, " Flash ", le livre tiré des souvenirs de Charles Duchaussois, est incontestablement un document important de la contre-culture des années 70 en France. Dès sa sortie, il devient un livre culte. Par le dessin, l’ouvrage restitue l’intensité, la violence et l’errance du voyage hippie, offrant une relecture graphique d’un mythe générationnel.
Chiloum ! Le foutoir magnifique du rêve hippie
Jean-Victor Joubert
CreateSpace Independent Publishing Platform, 2014
Embarquons – autour du chiloum et de l'herbe-qui-fait rire – pour un Voyage sur les chemins de Katmandou, sur les plages de Goa, dans les forêts du Laos, sur les rives du Mékong, dans les bouges d'Istanbul, les ruelles de Téhéran, les montagnes d'Afghanistan, l’envoûtement de l'Inde, les tentations de Bankok... L'auteur a participé à ce formidable élan utopiste qui, en pleine guerre du Vietnam, osait proclamer « Peace ans Love » Paix et Amour. Il nous fait revivre quelques savoureux moments de cette épopée Hippie, cette parenthèse enchantée entre l'arrivée libératrice de la pilule et la terrible apparition du sida. Il nous entraîne, avec un langage fleuri, dans ce foutoir magnifique qui a marqué une génération. Jubilatoire !
Journal d’une Parisienne à Jaipur
Claire Kaczynski
Les éditions de l'île Saint-Louis, 2014
Mai 2007, Claire part vivre dans une famille de castes de musiciens à Jaipur pour suivre un stage intensif de chant classique hindou. Le quotidien et le rythme infligés lui font perdre petit à petit ses repères jusqu'à ce qu'elle soit prise d'un étrange excès de folie. Syndrome Indien? Elle tient à rentrer en France mais son assurance lui refuse le rapatriement? Claire nous a ramené de Jaipur, son journal, écrit sur place, au cas où, on retrouverait sa dépouille. Postérieur au hippie trail, ce livre sur le choc de l'Inde est une véritable claque !
Hippie Trail : Autobiographie prénatale
Séverine Laliberté, Elléa Bird
Steinkis, 2020
Séverine est née en Grèce en 1973, et de longues années se sont écoulées avant qu’elle ne découvre la véritable histoire de sa naissance. Ce roman autobiographique retrace son enquête auprès des protagonistes d’un voyage en 4L jusqu’en Afghanistan, sur la célèbre Hippie Trail. Jusqu’à ce que tout dérape… Une aventure pas très glorieuse, souvent drôle, qui désacralise le voyage initiatique des seventies.
7 ans sur la route
Hervé Le Bévillon
Books On Demand, 2025
Sept ans dehors. Sac sur le dos, pouce levé, nuits à la belle étoile. J'ai traversé l'Europe, l'Afrique, puis l'Inde. Pas en touriste. En routard. En beatnik. J'ai dormi dans des ruines, partagé du pain avec des inconnus, marché sans but, toujours sans un sou. En Inde, j'ai laissé tomber le reste. J'ai vécu comme un sâdhu. Un an sans attaches, sans chaussures, sans nom. Juste moi, les chemins, et ce qu'il restait à comprendre. Pas de grandes théories. Juste l'expérience brute. La boue, la poussière, les silences, les fulgurances. Ce n'est pas une histoire de vacances. C'est un voyage au couteau. Extérieur, mais surtout intérieur.
Trop vieux pour mourir jeune
Jean Claude Lecocq
Urubu, 2024
Jean-Claude, je l'ai rencontré il y a quelques années pour un entretien filmé de 2h30. Il est un des intervenants de mon film. Il est aussi un amoureux de la plume. Pas celle qui psalmodie, lancinante et consensuelle, mais la sarcastique, la corrosive, celle qui caresse puis qui mord, parfois violemment. Libertaire, junkie, "délinquant ludique" comme il se définit lui-même, il a écrit 8 courtes nouvelles à l'humour noir désespéré et déjanté. Son livre, "trop vieux pour mourir jeune", il me l'a offert il y a 3 jours et je l'ai dévoré illico. Des étincelles de lucidité dans un monde très sombre, celui des toxicos. Des "tranches de vie taillées dans le réel". Jean-Claude, c'est une écriture hallucinée et hallucinante de talent, un vrai plaisir de lecture. Quelques unes de ses nouvelles relatent ses jeunes années dans un Lyon crépusculaire. D'autres parlent d'histoires de route, notamment de sa rocambolesque éjection de l'Iran jusqu'à Istanbul, passage par la case prison obligée. Les coureurs de drogue n'étaient pas des hippies et leur monde, où chaque tranche d'humanité se révèle comme une trouée de lumière, est exposé ici sans édulcorant. Un vrai shoot de littérature, sans le manque, sauf celui de vouloir en lire davantage. Chaque nouvelle est accompagnée par des illustrations, signées Willem, Floret, Guitard, Snug et d'autres. Pour commander par chèque (envoi rapide dès réception), 12€ + 5€ de frais de port, contacter Jean-Claude ici : jchulk78@gmail.com ou écrire à edrouba@gmail.com.
Le guide du routard
Philippe Gloaguen
Hachette, 1973 • 1ère édition
La "bible" née sur la route. Avant de devenir une institution, c'était un recueil de bons plans tapés à la machine pour les voyageurs fauchés en route vers l'Inde.
Across Asia on the Cheap
Tony & Maureen Wheeler
Lonely Planet, 1973
Guide fondateur du voyage indépendant en Asie, rédigé à partir de l’expérience directe des auteurs sur la route de l’Orient. Destiné aux voyageurs à petit budget, l’ouvrage a joué un rôle central dans la structuration et la diffusion du Hippie Trail.
Magic Bus
Rory MacLean
Hoëbeke, 2008
Entre le milieu des années 1960 et la fin des années 1970, des centaines de milliers de jeunes Occidentaux partirent pour l’Inde, balisant la « route des hippies », d’Istanbul à Katmandou. Les routards de cette période appartenaient à la génération du baby-boom ; ils avaient dix-neuf ou vingt ans, ils contestaient et se rebellaient, tout comme le monde autour d’eux. Ces pionniers intrépides laissaient derrière eux le monde de leurs parents, où régnaient les plaisirs de l’après-guerre, la culpabilité de l’Empire et le spectre de la guerre. À bord de la plus étrange procession de véhicules qui ait jamais brinquebalé à travers la planète, ils espéraient trouver une vie nouvelle. C’était la première fois, dans l’histoire de l’humanité, qu’on voyait des gens partir en si grand nombre vers d’autres contrées non pas pour coloniser mais pour être colonisés. Rory Maclean, qui était trop jeune à l’époque pour faire partie du voyage, a décidé, en 2001, de sillonner tantôt à pied, tantôt en autocar, cette route des hippies, – traversant des régions qui avaient connu des bouleversements extraordinaires depuis le fameux Summer of Love, de 1967 et venaient juste de rouvrir leurs frontières – pour y retrouver la trace de leurs aventures et de leurs émerveillements. Tout au long de son périple de six mois, Rory Maclean révèle à quel point la piste a profondément transformé à la fois la vie des voyageurs mais aussi des pays qu’ils ont traversés, déchaînant des forces qui ont modifié à tout jamais la façon dont nous parcourons le monde. Magic Bus décrit un voyage unique et tout à fait captivant à travers une époque et un paysage à la beauté étonnante et à l’amère cruauté, qui représente la lutte moderne entre l’Est et l’Ouest, les rêves et la réalité, l’espoir et la tragédie.
L’Inde fantôme : Carnet de voyage
Louis Malle
Gallimard, 2005
Après un premier voyage en Inde en 1967, Louis Malle n'aura de cesse de retrouver ce pays. Il y retourne en janvier 1968, " résolu à changer de vie et de cinéma ", avec une équipe restreinte : un preneur de son, un cadreur. La durée du séjour est indéterminée. Le projet : faire un film subjectif et libre sur l'Inde, sans scénario, sans fiction, et surtout sans idée préconçue, avec deux modèles puisés non dans l'histoire du cinéma mais dans celle de la littérature : le Journal de voyage en Italie de Montaigne et L'Afrique fantôme de Michel Leiris. Ce sera une plongée vertigineuse dans un continent qui sans cesse s'offre et se dérobe. Louis Malle filme tous les jours, jusqu'à l'épuisement, sans penser au montage, avec pour seul objectif de vivre intensément chaque instant, s'interrogeant sans relâche sur le voyage, la religion, la misère, l'exploitation, le système des castes - autant de thèmes qui formeront l'ossature de la série des sept films de L'Inde fantôme et de celle du long métrage Calcutta. Après quatre mois de tournage, le cinéaste revient en France, où il doit siéger en tant que juré pour un festival de Cannes très mouvementé : celui du mois de mai 1968. L'année suivante, les films de Louis Malle seront accueillis chaleureusement par la critique française, mais susciteront la violente colère des autorités indiennes, qui reprocheront au cinéaste d'avoir donné une vision outrageante de leur pays. Jour après jour, durant tout le tournage, Louis Malle a recueilli dans son carnet de voyage les impressions et réflexions que lui inspiraient l'Inde. C'est ce document passionnant, fruit des interrogations, des inquiétudes et des révoltes d'un homme libre, que nous donnons à lire aujourd'hui.
Les routards des Indes
Francis Marion
Cerf, 1980
Pourquoi tant de jeunes Occidentaux prennent-ils la route des Indes ? Comment comprendre que ce continent misérable à tant d'égards leur apparaisse comme une terre promise et l'espoir de leurs rêves les plus essentiels ? Le récit de Francis Marion, dix-huit mois médecin des jeunes Français en détresse à Bombay, n'est pas un livre de plus sur la drogue. Car c'est lorsqu'un jeune n'en peut plus de se sentir étranger au monde dont il est né qu'il prend la Route. Le mal qui le ronge est trop radical pour être seulement affaire de médecine ou de drogue. Ce mal, si on sait le déceler, nous renvoie à notre propre vie car la mort de l'espoir est autrement diabolique que la pire des drogues. Le Docteur Francis Marion a été attaché social auprès du Consulat Général de France à Bombay en 1975-1976. Il exerce actuellement la médecine au sein d'une équipe de travailleurs sociaux à Grenoble.
Paris Katmandou en Solex
Jean-François Monod
Cap de l'étang, 2024
Paris-Katmandou en Solex « Les chemins de Baklava » représente un an d’aventure, de juillet 1969 à août 1970 à travers l’Europe, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde et le Népal. Une expérience « humaine », vécue au jour le jour, sans documentation « touristique », mettant parfois à rude épreuve qualités et défauts. Un voyage « initiatique » qui m’a été très salutaire. Le passage chez SOLEX comme « ouvrier » a permis de réparer les pannes diverses survenues en cours de route. Le compagnon de route, Philippe Bissière, a aussi raconté son aventure (cf. supra)
« Attention les jeunes ! La mort rôde sur la route de Katmandou »
Paris Match 1416, 17 juillet 1976
Article de presse
Article emblématique du traitement médiatique alarmiste de la route de l’Inde au milieu des années 1970. Paris Match consacre un dossier au serpent Charles Sobhraj.
Antibes Magic-Bus Indes (1972)
Yves Petit
Independently published, 2021
Nous sommes en 1972, année où tout est possible. J’ai vingt ans. J’ai soif d’espace et de liberté. Partir à l’aventure, après une saison à rouler des croissants et faire tourner la pâtisserie familiale à Antibes sur la Côte d’Azur, m’habite. Partir à la recherche de quoi? La recherche de soi peut-être. Le Magic Bus, plus qu’un véhicule culte m’a offert un voyage terrestre et intérieur. Mon parcours a été baigné de musique, d’amour, de simplicité, de magie et de spiritualité. Ce récit est aussi celui d’humains d’une autre époque, celui des mouvances d’hippies aux rêves plus grands que nature.
Far Out ! Les années Hip
Bernard Plossu
Médiapop Éditions, 2011
Bernard Plossu découvre la Californie en 1966, un an avant le Summer of Love. En pleine période hippie, il fréquente la City Lights Bookstore, croise Joan Baez et ses soeurs, rencontre Henry Miller et photographie sans arrière-pensée ses amis artisans, écrivains et artistes (certaines de ces photographies sont inédites, notamment les images en couleurs de 1966 à Haight-Ashbury). En 1970, attiré par l’Inde, Bernard Plossu se rend à Ceylan puis à Goa. Sincèrement hippie, il vit son époque intensément non sans une certaine naïveté. Dans les deux reportages publiés par Rock & Folk en 70 et 71 et intégralement repris ici (textes et photos de Bernard Plossu), il raconte sa quête d’amour et son aspiration à la paix à travers ses voyages et ses rencontres puis ses premières désillusions quand il se rend compte que l’anticonformisme est devenu une mode et que le rêve hippie est en passe d’être recyclé en business lucratif. Quarante ans après, Bernard Plossu revient sur ses années hip, ses débuts dans la photographie, son goût puis son dégoût pour le « grand angle » qu’il finira par abandonner définitivement. Ce livre touchant témoigne d’une époque qui marqua à jamais Bernard Plossu et nous rappelle que pendant quelques années, les hippies crurent sincèrement qu’un monde meilleur et une vie plus proche de la nature étaient possibles.
Les mémoires d’un motard, tome 5 : Rendez-vous tous à Katmandou
Ptiluc
Glénat, 2013
La moto est l’une des passions de Ptiluc, auteur culte du catalogue Vents d’Ouest. Ses motos au fil des années l’ont trimballé à travers le monde et c’est l’objet de ces Mémoires d’un motard où l’auteur se met en scène sans concession et avec une formidable ironie. Voici le dernier volet de ses mémoires, sur cinq livres incontournables !
Faruq Hotel
Christian Pyrgoze
Pyrgoze, 2016
Voici le récit autobiographique de mon voyage en Afghanistan en 1976. Un voyage périlleux et cocasse à la fin duquel je me retrouvais momentanément gérant du Faruq Hotel à Kabul pour aider Faruq tombé malade. C’était la fin du mouvement hippy, du moins dans les journaux. Mouvement que j’avais rejoint. De mon enfance à Constantine jusqu'au Faruq Hotel la vie m'a aiguillé sur diverses voies, certaines très désagréables d'autres paradisiaques. Je me permets de les partager avec vous. En vente ici : https://www.amazon.fr/gp/product/2955822213?
La route des Indes des années 60–70
Ouvrage collectif
Brumerge, 2013
Durant une dizaine d’années, notamment de l’après 68 jusqu’à la fin des années 70, des milliers de jeunes occidentaux se sont rendus en Inde par la route, créant ainsi une grande migration, non pas pour envahir ou conquérir, mais pour découvrir d’autres cultures, une autre vision du monde… Une vingtaine de participants témoignent ici sous forme de récits, notes de voyages, aérogrammes, croquis ou photos, de leur périple et de leurs émerveillements… Durant une dizaine d’années, notamment de l’après 68 jusqu’à la fin des années 70, des milliers de jeunes occidentaux se sont rendus en Inde par la route, créant ainsi une grande migration, non pas pour envahir ou conquérir, mais pour découvrir d’autres cultures, une autre vision du monde… Une vingtaine de participants témoignent ici sous forme de récits, notes de voyages, aérogrammes, croquis ou photos, de leur périple et de leurs émerveillements… Avec la participation de : Loïc Allio - Joëlle Audry - Pierre-Alain Baud - Christian Bertoni Jean-Claude Bieri - Philippe Bissières - Richard Bruckner Bernard Delambre - Olivier Föllmi - Rémy Galet-Lalande François Gautier - Olivier Germain-Thomas - Claudette Gravel Yves Jégou - Bernard Kocril - Régis Liger Colette Maire - Jean-François Monod - Jean-Marc dit L'Oiseau Françoise Swale - Bernard Turle Les droits de tous les auteurs et une marge humanitaire Brumerge seront reversés à l’association « Un Rêve Indien » pour le fonctionnement du dispensaire de Céline Hegron implanté dans un quartier déshérité de Bénarès.
Voyages : c’était mieux avant ?
Josette Sicsic, Pierre Josse
L’Harmattan
Grâce aux souvenirs des périples qu’ils ont effectués depuis un demi-siècle, les deux globe-trotters ont choisi de mettre leurs expériences à profit pour tenter de comprendre le devenir du secteur touristique. Tour à tour optimistes et pessimistes, ils ne sombrent ni dans les illusions ni dans les esquisses apocalyptiques du monde de demain. Cet ouvrage n’est donc ni un pamphlet de plus sur les nuisances du sur-tourisme, du changement climatique et des conflits, ni un simple recueil de souvenirs nostalgiques. Il est la résultante de deux façons d’avoir vécu le monde depuis le grand bond en avant du tourisme dans les années d’après-guerre, jusqu’à cette drôle d’année 2020 verrouillée par le Covid. Enfin, il est une tentative de réponse à l’une des affirmations les plus répandues dans l’opinion, celle selon laquelle : « c’était mieux avant !» De nombreuses pages sur la route des Indes !
Moi, le Serpent
Charles Sobhraj, Jean-Charles Deniau
L’Archipel, 2023
Les mémoires inédits de Charles Sobhraj dit Le Serpent. Il y a une légende Sobhraj. Escroc le plus fascinant des années 1970 ou truand sans scrupule ? Sa notoriété mondiale, il la doit à la série à succès que lui a consacrée Netflix... qu'il juge " fausse à 80 % ". On ne compte plus les évasions spectaculaires de ce Franco-Vietnamien qui a sévi dans toute l'Asie. Il parlerait cinq langues, serait incollable en droit international. Quant à son surnom de " Serpent ", il le doit à son aptitude à enjôler ses victimes, routards ou hommes d'affaires qu'il endort – parfois pour longtemps – et détrousse, avant de fausser compagnie aux enquêteurs. Leur nombre ? Indéterminé. Libéré en 1997, il revient en France, essaie de vendre son histoire pour le cinéma et entre en contact avec la CIA. Il veut tirer profit de ses contacts avec les milieux islamistes, noués en prison à Delhi, et effectue plusieurs missions de renseignement au Pakistan pour le compte des Américains. Mais en 2003, erreur fatale, il s'envole pour le Népal. Arrêté, jugé lors d'un procès expéditif, il est condamné à vingt ans de détention pour des meurtres qu'il nie farouchement. Le 24 décembre 2022, c'est en homme libre qu'il est sorti de la prison centrale de Katmandou pour regagner la France. Charles Sobhraj, 78 ans, livre pour la première fois sa vérité – ou plutôt ses vérités – dans ce récit intime et personnel rédigé en détention. Des mémoires recueillis clandestinement par Jean-Charles Deniau, journaliste et réalisateur. Le " Serpent " y raconte son enfance déracinée, sa jeunesse délinquante, ses trafics, son parcours judiciaire chaotique et les motifs réels de son départ pour le Népal. Un document exceptionnel.
Vers l’Inde
Jack Thieuloy
Arthaud, 2016
Écrivain hors norme à la réputation d'infréquentable, voire de dangereux psychopathe, Jack Thieuloy, en rupture de ban avec son milieu, la culture et l'establishment, décide, dès les années I960, de consacrer sa vie à la découverte du monde et à l'écriture. Il part alors sillonner l'Asie, entre autres, dans son combi Volkswagen. Provocateur, écorché vif, Thieuloy vit avec l'Inde une relation passionnelle.Vers l'Inde rassemble les trois livres de Jack Thieuloy dédiés au sous-continent. En route vers l'Inde, road trip iconoclaste, relate son itinéraire rocambolesque jusqu'au pays désiré. L'Inde des grands chemins, le plus emblématique de ses récits indiens, raconte les aventures et les mésaventures, les amours et les dégoûts d'un routard doublé d'un anar, vivant de troc et d'expédients. La critique de l'époque salue alors en Thieuloy le "Kérouac français". Enfin, Quelques signes de plus sur l'Inde inusable, texte plus court et plus tardif, était destiné à accompagner le travail photographique sur l'Inde de Bernard Pierre Wolff.
La Route : mon journal de hippy
Luc Vidal
Nouvelle Cité, 1974
Journal tenu sur les routes de l’Orient à l’époque du Hippie Trail. En Yougoslavie, j'entendis prononcer pour la première fois le mot hippy et on me le traduisit par : fraternité, paix, amour. J'y crus. A Thessalonique j'écoutai les récits enfiévrés des « freaks » au retour de l'Inde. A Istanbul, je dormis au « Ghulan », hôtel pouilleux, marché de la drogue, refuge de ceux dont l'Europe ne voulait plus... et qui ne voulaient plus de l'Europe. » Après de multiples expériences faites sur la route, Luc écrit jour après jour le journal de son voyage aux Indes. L.s.d., haschisch, décor merveilleux du Népal, tout cela n'est que la toile de fond du voyage de Luc. Car cette fois-ci tout est différent. Ce voyage n'est plus comme les précédents. A la recherche d'un ami tombé dans l'esclavage de la morphine, Luc est en fait à la recherche de lui-même. Il découvre la force de l'amitié, il fait l'expérience de la souffrance et, au cœur des montagnes majestueuses de l'Himalaya, au Népal, il découvre Dieu au moment où il risque la mort. De retour en France tout se complique. Luc a trop changé au cours de cet aller-retour de plusieurs mois : plus personne ne peut le comprendre et il ne peut plus comprendre ni lui-même ni personne. Il repart pour un dernier voyage qui, lui, sera décisif.
L’Inde sous datura : Carnets d’un buveur de poison
Alain Wattellier
2012
Carnets bruts et hallucinés relatant une immersion extrême dans l’Inde psychédélique. Me contacter pour une copie : edrouba@gmail.com

Contre-culture et mouvement hippie

Analyses, témoignages et documents sur la contre-culture des années 60-70, de San Francisco à Katmandou.

1965
Antoine
Arthaud-Flammarion, 1987
Et si on était en 1965, et si un jeune étudiant, à l'avenir tout tracé d'ingénieur de Centrale s'évadait pour courir le monde et gratter sa guitare. Et si c'était un roman... Rompant le cycle de ses récits de navigateur, Antoine nous entraîne dans le tourbillon d'une année qu'il revit comme un rêve : il vient d'avoir vingt et un ans et décide de changer de cap, quitte sur la pointe des pieds les perspectives d'une carrière prestigieuse ; assoiffé de mouvement et de liberté, il découvre, dans le grand élan "Beatnik" des années soixante, les Etats-Unis et l'Angleterre, les lacs de Suède et les autoroutes européennes, les joies de l'auto-stop et celles (pour le moins étonnantes) de la navigation, les boîtes de Saint-Germain-des-Prés, le café des artistes de Chelsea et les rues louches de Marseille. Chaque aventure, chaque rencontre l'influence, le transforme et, quand vient le temps de retrouver la ville et la route toute tracée, c'est un homme profondément différent, ayant découvert le goût de la liberté, et bien décidé à ne jamais la perdre qui, armé de son inséparable guitare, de ses cheveux longs et d'une sacrée dose d'humour et d'optimisme, découvre le "grand amour", passe ses derniers examens, imagine les "Elucubrations", affronte ses premiers publics, et s'impose dans le monde du showbusiness. Un livre pour rêver en écoutant les Beatles, les Rolling Stones, les Animals, Bob Dylan et les autres... Ces pages vivent au rythme des chansons des premiers groupes de rock anglo-saxons et des chanteurs folk français, ces "voyages de deux ou trois minutes" qui nous transportent par magie en cette année 1965 qui garde pour beaucoup le goût subtil et tendre d'un roman.
Actuel n°123 — « Enquête sur Woodstock »
Revue Actuel
Septembre 1989
Numéro rétrospectif consacré au festival de Woodstock et à son héritage vingt ans après. La revue analyse la mythification de l’événement et son inscription durable dans l’histoire de la contre-culture.
La Chienlit : Le rock français et Mai 68
Marc Alvarado
Éditions du Layeur, 2018
"La Chienlit" raconte l'histoire des groupes pop français qui se battent pour leur survie à la suite de mai 68. Une saga historique mais aussi thématiques des grands évènements qui ont fait l'histoire du rock français dans la période 1968 - 1976. Le milieu musical international a été durablement bouleversé par la vague d'invasion des groupes britanniques à partir de 1964, puis le mouvement hippie à partir de 1967. En France toutefois, pays conservateur en matière de musique, c'est encore le règne sans partage de la variété en ce début 1968... En Mai 1968, une vaste remise en cause des valeurs sociétales s'initie en France, sous l'égide de la jeunesse. Parmi ses revendications figure le droit de disposer de structures permettant de produire et diffuser des genres artistiques nouveaux, aux premiers rangs desquels ce que l'on qualifie alors de " pop music ". Mais la révolution de Mai, politisée à outrance et mal comprise, va accoucher d'une déception particulièrement sensible dans le secteur musical. La " Chienlit ", ce sont ces bataillons de groupes pop français qui vont essayer de relever le défi de la révolution musicale en marche. Sacrifiés par l'industrie du disque, qui préfère distribuer sur le territoire national des groupes anglo-saxons plutôt que de produire des artistes locaux. Sacrifiés par la presse spécialisée, qui privilégie les voyages à l'étranger plutôt que les périples en province. Sacrifiés par les médias grand public, qui cèderont à la pression gouvernementale anti-hippie et supprimeront de leur antenne tout accès au public. Sacrifiés par les pouvoirs publics qui n'auront de cesse de dénoncer le " mouvement hippie " comme un fauteur de trouble, et interdire l'accès à ses salles et terrains municipaux pour les concerts et autres festivals pop. Sacrifiés enfin par le public qui ne croira plus à l'émergence d'un courant rock en français, et lui tournera définitivement le dos jusqu'à l'avènement de Téléphone. L'histoire musicale de cette période a été assez peu traitée, et reste globalement ignorée du grand public. On connait le rock français des pionniers, tout comme celui de la génération Téléphone ou de la pop new-wave, mais assez peu celui qui nous intéresse ici. Nous avons choisi de donner la part belle à la parole des acteurs de cette époque en allant à leur rencontre pour qu'ils évoquent avec nous leurs souvenirs post soixante-huitards. Nous avons veillé à reconstituer cette histoire dans son contexte socio-culturel, essentiel à la bonne compréhension des événements. C'est également à travers un long travail d'analyse d'archives que nous mettons en lumière les tensions qui ont traversé cette époque dans le monde musical : interviews d'artistes, de managers, d'organisateurs de concerts, de patrons de presse, de patrons de labels, mais aussi compte-rendus de spectacles ou de tables rondes, nous verrons comment les pouvoirs culturels, politiques et financiers en place ont cherché à étouffer et marginaliser le rock français post Mai-68. Dans un tel contexte, la production musicale française pop apparaît comme un miracle, un vestige enfoui que nous souhaitons donner à voir aujourd'hui. "La Chienlit' se veut être un travail quasi ethnologique, en tout cas une approche historique et diablement humaine d'un phénomène oublié. Cette ouvrage présente aussi un éclairage particulier sur les groupes qui ont fait l'histoire du rock français en cette fin des années soixante comme Ange, Magma, Les Variations, Moving Gelatine Plates, Ame Son, Barricades, Zoo, Red Noise .....
Contre-cultures !
Christophe Bourseiller, Olivier Penot-Lacassagne (dir.)
CNRS Éditions, 2013
Qu'est-ce qu'une contre-culture ? Comment interpréter le sens général des contestations et des ruptures culturelles de la seconde moitié du XXe siècle ? Comment reconstituer ces tendances et ces styles d'expression qui, dès les années 1950, ont bouleversé les mentalités ? Les discours sur la notion de culture, sur les altérations qu'elle subit, sur la diversité des influences qui la transforment, abondent ; mais ces discours font peu de place à la notion de contre-culture. Il est pourtant impossible d'en ignorer les innombrables expressions: Beat Generation, Pop Art, pop philosophie, rock culture, hippisme, new wave, révolution psychédélique, mouvement punk, black metal. En insistant sur la richesse et l'éclectisme de ces manifestations, cet ouvrage montre que les contre-cultures entendent porter la révolution dans la vie quotidienne. Une réflexion novatrice sur un phénomène pluriel, aiguillonnée par un désir de transformation radicale de la société.
L’aventure hippie
J.-P. Bouyxou, P. Delannoy
Lezard, 1995
Jean-Pierre Bouyxou, vingt ans en 1966, a participé de l'intérieur à la contre- culture hip : happenings, films under- ground, livres sur le fantastique et la S F, articles dans la free press. Rédacteur en chef de Fascination de 1978 à 1986, il collabore aujourd'hui à Paris Match. Pierre Delannoy, vingt ans en 1969. a découvert en même temps la route et l'ethnologie. Chercheur en sciences so- ciales, il a longtemps étudié les margi- naux : délinquants, joueurs et grands voyageurs. Il collabore a Paris Match. Grands Reportages, Géo et Newlooll. " En huit chapitres inspirés et aussi vite aspirés, ils balaient la période, de "la haine des sixties" à l'ultime "the end", où pointe la question fatale : derniers hippies ou premiers punks ? (...) un style enthousiaste, et surtout un joli point de vue sur une France pas vraiment progressiste. " Christophe Onot-dit-Biot, Elle " Enthousiastes et exhaustifs, ils nous décryptent les moments forts du "fabuleux mouvement de société" qui, de Frisco au Village, de Londres à Paris, a bouleversé la jeunesse occidentale de 1965 à 1975. " Marianne Payot, Lire " Indispensable aux historiens. " Willem, Libération " Au-delà de "l'aventure hippie", c'est toute une époque que font revivre Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy. " Robert Solé, Le Monde " Le livre le plus complet publié sur le sujet. " Frédéric H. Fajardie, Charlie hebdo
Les hippies : Qui sont-ils ? Où vivent-ils ? Que font-ils ? Comment nous jugent-ils ?
David Brown
Les éditions de l'Homme, 1968
Pour l'historien Arnold Toynbee, les hippies sont un véritable signal d'alarme qui retentit au milieu de la vie américaine. Pour l'évêque de Californie — qui en compte beaucoup parmi ses paroissiens — ils évoquent les premiers chrétiens. Pour les parents, ce sont surtout des adolescents qui fuient la société. Alors qui sont donc les hippies ? Pour le savoir, les correspondants du magazine américain TIME, ont parcouru l'Amérique et l'Europe en regardant, en interrogeant, en écoutant. Ils ont analysé le phénomène hippie, ils en ont cherché les causes, et tenté d'en évaluer les conséquences. Car il ne s'agit pas seulement d'une parade de jeunes hommes barbus et de filles en blue jeans qui tendent des fleurs aux policiers chargés de les disperser. Le phénomène hippie, ce n'est pas seulement l'art psychédélique, le LSD et une bohème exaltée. C'est un mouvement qui ne cesse de s'étendre et dont les aspects souvent pittoresques ne doivent pas dissimuler le sérieux ni l'importance.
L’univers des hippies
Jean-Pierre Cartier, Mitsou Naslednikov
Fayard, 1970
Ils sont plusieurs centaines de milliers aux Etats-Unis, deux millions peut être d'après les dernières estimations et leur nombre ne cesse de croître. Il n'est pas un grand Etat américain qui ne comporte de cent à cent cinquante communes de hippies. Ils tournent délibérément le dos à la société traditionnelle qu'ils appellent « l'autre société ». L'idéal, pour eux, ce n'est plus d'avoir, mais d'être. Jean-Pierre Cartier et Mitsou Naslednikov ont assisté, à Los Angeles et à San Francisco, aux débuts de l'aventure hippie et ils n'ont, depuis, cessé d'en suivre les métamorphoses, depuis la concentration dans des ghettos urbains jusqu'à l'explosion dans les communes rurales. D'un bout à l'autre des Etats-Unis, ils ont vécu dans toutes sortes de communes, celles où l'on ne fait rien et celles où l'on ne fait que se droguer ; celles où l'on passe son temps à prier, méditer et jeûner ; celles où l'on cultive la terre, où l'on fait du théâtre, où l'on partage la vie des Indiens. Celles où l'on vit en couples et celles où l'on préfère les mariages de groupe dans lesquels tout le monde est à tout le monde, vivant et dormant à vingt ou trente dans la même pièce. Ils ont enquêté auprès des organismes qui appellent les GI's à la désertion et qui ont des succursales dans le monde entier, surtout au Japon, en Suède et en France. Ils ont suivi la filière qui a mené au Canada plus de cinquante mille réfractaires. Ils ont manifesté pour les droits des Noirs et contre la guerre au Vietnam, assisté au procès de Chicago, interviewé dans sa forteresse romantique de Palo Alto, Joan Baez dont le mari est en prison pour refus de service militaire. Ils ont suivi tous les chemins de la drogue, rencontré longuement Timothy Leary, l'apôtre du LSD, assisté aux expériences les plus fantastiques. Ils ont vécu l'aventure lamentable des gosses qui quittent leurs familles pour se perdre à jamais dans les jungles hippies. Ils ont côtoyé les sectes les plus éthérées et les plus sataniques, rencontré les Swamis, les Gourous et autres maîtres qui engagent une part grandissante de la jeunesse dans la voie qu'elle croit celle de l'illumination intérieure. Ils reviennent de leur long voyage éblouis, bouleversés et un peu terrorisés. L'aventure hippie continue. Elle aborde tout juste l'Europe et nul ne saurait dire où et quand elle s'arrêtera. Ce qui est sûr, c'est que ceux qui y ont participé ne seront plus jamais les mêmes.
Hippie
Paulo Coelho
Flammarion, 2018
Dans son roman le plus autobiographique, Paulo Coelho nous fait revivre le rêve transformateur et pacifiste de la génération hippie du début des années 1970. Paulo est un jeune homme aux cheveux longs qui souhaite devenir écrivain. Fuyant la dictature militaire brésilienne, il part faire le tour du monde à la recherche de liberté et de spiritualité. À Amsterdam, il rencontre Karla, une jeune Hollandaise qui n'attendait que lui pour s'envoler vers la nouvelle destination phare du mouvement hippie, le Népal, à bord du fameux "Magic Bus". Cette traversée de l'Europe sera le début d'une extraordinaire histoire d'amour et d'une quête de vérités intérieures qui les conduiront, eux et leurs compagnons de voyage, à adopter un nouveau regard sur le monde.
Couleurs 60s / Colors
Alain Dister
Éditions du Collectionneur, 2006
Écrivain et photographe, Alain Dister a vécu les grandes heures du mouvement hippie à New York et à San Francisco, entre 1966 et 1969. Dans toute leur splendeur chromatique, ses images, pour la plupart inédites, racontent dans ce livre comment la vie quotidienne, la mode, les objets les plus ordinaires ont été les projections d'un rêve en Technicolor, intense et jubilatoire - l'impact visuel d'une plus vaste révolution psychédélique. Alain Dister a publié une vingtaine d'ouvrages consacrés aux cultures contemporaines, en particulier le rock. Ses images sont régulièrement exposées dans les galeries et musées, en France et dans le monde.
Oh, hippie days ! Carnets américains 1966–1969
Alain Dister
J'ai Lu, 2006
J'ai pris la route au cours du bel été 1966, nourri de mythologies américaines - le free jazz et le blues du Delta, les grands textes de la Beat Generation, les poèmes électriques du rock'n'roll. J'étais parti pour deux mois, avec pour tout bagage un appareil photo, des carnets, une paire de bottes, un sac de marin acheté aux Puces. J'ignorais que le voyage allait durer quatre ans. New York. San Francisco. Commence une errance volontaire dans le maquis underground de la fin des années soixante. Les beatniks solitaires avaient cédé la place aux communautés hippies. Des salles de concert hallucinées célébraient Frank Zappa, Janis Joplîn, le Grateful Dead. De Greenwich Village au Haight Ashbury soufflait le grand vent d'une révolution. Fraternelle, spirituelle, intensément jouissive. Et puis, au fil des mois, le rêve a sombré dans le désarroi des phalanstères à l'abandon. La réalité avait le goût amer des mauvaises drogues. La guerre continuait au Vietnam. Alors j'ai quitté cette Amérique que j'avais tant aimée. L'écriture, un jour, permettrait de vivre ces vertiges, revisiter cette aventure. Alain Dister est né à Lyon en 1941. Il a signé de nombreux ouvrages sur le rock.Photographe, il expose régulièrement dans les galeries et musées en France et l'étranger. il vit à Paris, où il exerce les activités de critique d'art pour la revu L'Oeil et de producteur pour France-Culture.
Les « vagueux » dans la société industrielle
Dr B. Durou, André Rimailho
Privat, 1970
Un journaliste et un neuropsychiatre se penchent sur « notre mal du siècle », le phénomène de l'errance : s'agit-il d'une maladie de l'individu ou d'une maladie de la civilisation ? La seule évolution des termes de « déviation » et de « voyage », qui ont pris désormais un sens figuré, est caractéristique d'une mutation. D. et R. ont essayé de rencontrer les clochards, vagabonds, beatniks ou hippies, qu'ils ont baptisés du terme volontairement désuet de « vagueux », en faisant appel, pour les comprendre, à l'histoire, la psycho-sociologie ou la psycho-pathologie, aussi bien qu'à la poésie et à la mystique. Ils exposent ainsi la manière dont les vagueux se présentent devant l'opinion, relatent l'histoire du vagabondage, depuis l'Antiquité et décrivent les mesures prises par la société et les régimes politiques à l'égard des individus en marge. Ils recherchent comment l'on devient clochard, analysent le langage et la philosophie des vagueux, et leurs rapports avec le crime, la souffrance et l'amour, allant jusqu'à édifier une métaphysique de ce vagabondage dont le Christ a donné le premier l'exemple. L'étude des formes modernes de vagabondage débouche sur mai 68, qui, selon D. et R., vit non le triomphe de l'anarchie, mais la recherche de la liberté à l'état pur. Ainsi qu'ils le prévoyaient au départ, leur étude leur en a donc appris davantage sur la valeur même de notre civilisation, qui, conçue pour fabriquer des élites, n'aura peut-être réussi qu'à fabriquer des clochards. La fin des mandarins en amènera-t-elle à la longue celle des vagueux ? A ce stade encore, il y aura sans doute des marginaux.
« Hippies : Parias ou Prophètes ? »
L’Express
N°998, 24–30 août 1970
Dossier emblématique de la presse généraliste française consacré au mouvement hippie. Entre fascination et inquiétude, l’article interroge la portée sociale, politique et spirituelle de cette jeunesse marginale.
« 1968–2018 : Comment tout a changé »
L’Express
N°3469–3470, 2017–2018
Numéro commémoratif revenant sur cinquante années de transformations sociales, culturelles et politiques depuis Mai 68. Le dossier replace la contre-culture hippie dans une perspective historique de long terme.
Routes et autres voies : Approche ethnologique du voyage marginal
M.-O. Gonséth
Université de Neuchâtel, Institut d'ethnologie, 1982
Étude ethnologique consacrée aux formes marginales du déplacement et du voyage. L’ouvrage analyse les pratiques, les récits et les représentations des voyageurs en rupture, dans la continuité des routes alternatives.
Je veux regarder Dieu en face : Le phénomène hippie
Michel Lancelot
J’ai Lu, 1972
Les mots hippie ou psychédélique ont été galvaudés par des journaux à sensation. Il était nécessaire qu'une étude sincère et approfondie soit consacrée à ce phénomène majeur du XXe siècle. Depuis 1967, Michel Lancelot a effectué de fréquents séjours aux États-Unis et particulièrement en Californie. Il a rencontré à San Francisco les créateurs du mouvement hippie. Il a étudié ses sources. Il a suivi son évolution. Rejetant les tabous et les préjugés, il aborde ici tous les aspects de la philosophie hippie : sociaux, politiques, sexuels, artistiques, mais aussi et surtout ceux fondés sur la mystique de la drogue. Cette drogue qui doit permettre de « voir Dieu en face ». L'auteur a remanié et complété son ouvrage pour cette réédition afin de rendre compte de l'évolution du mouvement hippie au cours des deux dernières années.
Technique de la non-violence
Lanza del Vasto
Folio essais
Lanza del Vasto est âgé de 17 ans à la fin de la première guerre mondiale. L'essor du communisme en URSS dans les années 1920, puis des fascismes allemands et italiens dans les années 1930, suscitent chez lui une vive inquiétude. Pour autant il ne rejoint pas les mouvements pacifistes de l'époque ; ces derniers veulent en effet la paix à tout prix, comme l'indique le slogan qui a fait florès : "Plutôt rouge que mort". Dès lors la paix devient le désarmement moral qui rend possible le traité de Munich. De même, la paix imposée par les vainqueurs, celle du traité de Versailles, porte en elle sa contradiction qui est l'esprit de revanche pour les vaincus. La violence n'apporte pas la solution, mais le problème de demain. Elle est donc un cycle sans fin. Comment sortir de cet enchaînement ? Comment refuser la capitulation face à l'adversaire, la neutralité face à l'injustice tout en refusant la fuite ou la résistance armée ? Lanza del Vasto trouve la réponse chez Gandhi : c'est la non-violence. Il en résume les idées essentielles dans cet ouvrage. Le premier pas de l'action non-violente est de mettre des mots sur le conflit et l'injustice, d’essayer de nouer un dialogue. Mais les mots peuvent ne pas suffire et il faut alors passer aux actes pour rendre publiquement témoignage à la vérité : le conflit est alors mis en scène, porté sur la place publique. Pour ce faire, les moyens sont nombreux, encore faut-il trouver le bon levier. Celui-ci est d'autant plus puissant que le symbole est fort. Le but poursuivi est de toucher la conscience de l'adversaire, ou à tout le moins, celles des populations qui, par leur passivité, soutiennent l'injustice. « Est non-violent qui vise à la conscience » (p. 26). La non-violence ne saurait se réduire à une technique. Elle est avant toute chose une manière d'être. Elle est finalement un acte de foi en la force de l'esprit.
« Jeunesse 1969 »
Le Courrier de l’UNESCO
Avril 1969
La jeunesse se distingue, et même se sépare, chaque jour davantage des adultes... Cette révolte est à peu près générale dans le monde; elle a pris dans de nombreux pays la forme d'une véritable contestation non seulement de l'Université, mais de la société. Le besoin d'absolu de la jeunesse s'accommode moins que jamais des injustices et du désordre du monde. René Maheu, Directeur général de l'Unesco. Aux déchaînements soudains de la jeunesse contestataire dans le monde, la société cherche une réponse et, d'abord, une explication. Si le malaise est universel, la complexité des problèmes, la multiplicité des catégories de jeunes, la diversité des conditions socio-économiques et culturelles, rendent malaisée, sinon impossible, toute généralisation. L'Unesco entreprend à l'échelle internationale une étude comparative et approfondie des questions de la jeunesse. Ce travail s'effectue en coopération avec l'ONU et ses institutions spécialisées ainsi qu'avec certains instituts de recherche. Il s'agit de recueillir dans le monde le maximum de données, notamment sur l'attitude des jeunes à l'égard de la société, sur leurs aspirations, sur l'idée qu'ils se font de l'avenir. Sans attendre les résultats de cette vaste enquête, le Courrier de l'Unesco a décidé de consacrer ce numéro au malaise de la jeunesse dans différentes parties du monde. Bien entendu, nous ne pouvons, en si peu de pages, présenter que quelques éléments du dossier ; nous ne manquerons pas d'y revenir dans de futurs numéros. Numéro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000078375_fre
Les murs ont la parole
Journal mural de la Sorbonne
Septembre 1968, Éditions Tchou
Recueil emblématique des slogans, affiches et inscriptions apparus sur les murs de la Sorbonne et de Paris durant Mai 68. Document brut et essentiel de la parole collective, il constitue une source majeure pour comprendre l’imaginaire, l’humour et la radicalité de la contestation étudiante.
Hippie
Barry Miles
Hachette, 2004
Mesdames et Messieurs, voici l'histoire la plus étonnante et la plus incroyable que vous ayez jamais entendue ! 1965 : une vague contestataire se lève sur San Francisco. Subversive, anticapitaliste et porteuse d'un idéal libertaire, la contre-culture va bientôt submerger la planète et faire vaciller les gouvernements. Cheveux longs et vêtus de vieilles fripes, les hippies changeront la face du monde : " paix et amour " sera leur seul mot d'ordre. Hippies est une chronique fouillée des années 1965 à 1971. avec leurs concerts, leurs fêtes, leurs happenings et leurs incessants coups de boutoir contre un certain rêve américain. Les principaux protagonistes du mouvement en sont les invités d'honneur. Hippies est aussi un livre magnifique en forme d'hommage à l'étonnante créativité de la fin des sixties : affiches de l'époque, pochettes d'albums, premiers numéros de revues légendaires comme International Times, Oz ou Rolling Stone. L'ouvrage de Barry Miles s'agrémente de délirantes images psychédéliques et d'une inénarrable galerie de portraits de figures marquantes ou anonymes. Avec ses innombrables photographies d'événements politiques ou musicaux, Hippies restitue toute la saveur d'une époque après laquelle plus rien ne sera jamais comme avant. Peace and love, man...
Le monde hippie
Frédéric Monneyron, Martine Xiberras
Imago, 2008
C’est à San Francisco, dans les années 60, que prend naissance le mouvement hippie. Annoncé par la Beat Generation, porté par les festivals de musique — tel le légendaire Woodstock — , par la contestation de la guerre au Viêt-Nam et le slogan Peace and Love, celui-ci allait rapidement se répandre parmi la jeunesse et investir le vieux continent. Voyages vers l’Orient, drogues et mysticismes, communion avec la nature, libération du corps et amour libre, vie en communautés… l’utopie déferle comme une vague mais finit par se dissiper presque aussi vite qu’elle était apparue. Pourtant plus de quarante ans après, son pouvoir de fascination reste grand, sinon intact. Frédéric Monneyron et Martine Xiberras analysent avec finesse cet élan psychédélique, qui se manifeste comme une véritable insurrection de l’imaginaire. Ils en retrouvent les racines, en exposent les thèmes, en présentent les personnalités emblématiques, et surtout en décèlent les multiples prolongements jusqu’à nos jours. Car, des décennies plus tard, c’est encore ce rêve de quelques années incandescentes que l’on retrouve — certes transformé, élaboré, voire parfois déformé — à la base des évolutions, des métamorphoses, des nostalgies et des aspirations de nos sociétés.
Le livre rose du hippie
Paul Muller
Union Générale d’Éditions, 1968
Le LIVRE ROSE DU HIPPY est un livre de sagesse. Contrairement à la représentation qu’en donnent les mass-media, qui ne traduit que leur côté folklorique, les Hippies ont une doctrine vis-à-vis de tous les problèmes existentiels. Ce ne sont pas des clowns… Ne vous attendez pas trop à vous amuser de leur idéologie. Ce recueil de pensées est composé d’extraits de discours, interviews, livres, revues, poèmes, journaux souterrains ou non, qui ont trait à ce phénomène. Pour que l’éventail soit le plus complet possible, vous trouverez aussi des petites annonces spécifiques, des badges, des graffiti symboliques et des proverbes. La plupart de ces fragments émanent des plus grands porte-parole du mouvement, Leary, Ginsberg, Watts, Snyder, Mailer, etc… des livres de philosophie orientale chers aux Hippies, le Bhagavad Gita, le Yi-King, la parole du Bouddha, voire de la Bible, d’épîtres et de leçons des Indiens d’Amérique. Parfois tout simplement de penseurs morts ou loin d’eux, mais près de leurs cœurs. Étant donné la multiplicité inévitable des sources, vous serez frappés par la valeur inégale des textes, et par leurs innombrables contradictions. Ce sont sans doute celles-ci qui vous les rendront encore plus agréables à lire et à méditer. Le même souci de refléter l’ensemble de l’art psychédélique a guidé le choix des illustrations. Paradoxes multiples, grande variété d’inspirations et de talents. Certains seront choqués. Et pourquoi pas ?
Hippie Hippie Shake : Rock drogues sexe utopies
Richard Neville
Rivages, 2013
Co-fondateur et rédacteur en chef de Oz, un des permiers magazines underground, l'Australien Richard Neville se retrouve à Londres, au coeur du cyclone, durant les années soixante. Hippie Hippie Shake retrace avec candeur et humour cette flamboyante épopée. De Lenny Bruce à John Lennon et Yoko Ono, en passant par Germaine Greer, Abbie Hoffman, Jerry Rubin, Robert Crumb, Mick Jagger, Pete Townsend, Pink Floyd, John Peel, Tiny Tim, Jimi Hendrix, Eric Clapton ou Charles Shaar Murray, des rayons bariolés du magazin Biba aux light shows de l'UFO, du concert des Rolling Stones à Hyde Park au festival de l'île de Wright de Sydney à Katmandou, de Londres à Tanger... ce livre émouvant raconte les rêves de toute une génération de changer le monde et le combat acharné d'une "free press" décidée à lutter contre toutes les censures de l'époque. Une chronique haute en couleurs des folles sixties.
« La révolte des étudiants »
Paris Match
N°997, 18 mai 1968
Numéro historique consacré aux événements de Mai 68. Les photographies et articles de *Paris Match* témoignent de l’irruption de la contestation étudiante dans l’espace public et médiatique.
Les années hippies
Jacques PESSIS
Editions Chronique, 2005
1967... les yé-yé ne sont plus à la mode et la folie beatnik s'essouffle. C'est alors qu'arrive en France un phénomène né quelques mois plus tôt aux Etats-Unis, le mouvement hippie. En l'espace de cinq ans, il va déferler sur le monde et imposer sa révolution. De San Francisco à Paris, des concerts de l'île de Wight aux discothèques de Berlin, des temples de Delhi aux bars d'Amsterdam, c'est toute une génération qui veut changer la vie en prônant la paix et l'amour. C'est l'époque où 500 000 personnes se réunissent pour un festival de musique historique à Woodstock, où la jeunesse française s'enthousiasme pour de nouveaux chanteurs, où de nouveaux rythmes bousculent le rock and roll. Mais le monde ne tourne pas comme le voudraient ces idéalistes qui parcourent les routes en rêvant qu'elles sont enchantées et bordées de fleurs. C'est le temps où l'URSS envahit la Tchécoslovaquie, où Golda Meir et Yasser Arafat prennent le pouvoir au Proche-Orient, où la France vit les soubresauts de mai 68, une révolution dont personne ne mesurait l'ampleur. Les années hippies, ce sont aussi celles de la présidence Pompidou et de la poursuite de la guerre au Vietnam, des premiers pas sur la Lune et de la création du Concorde, de la naissance de la troisième chaîne et des succès au cinéma du Parrain et d'Orange mécanique. Une période charnière qui a marqué les esprits et les mœurs de son temps pour changer à jamais le cours de notre histoire.
Les pieds nickelés : hippies
Pellos-Montaubert
SPE, album 71, 1976
Les Pieds nickelés est une série de bande dessinée créée par Louis Forton, publiée pour la première fois le 4 juin 1908 dans la revue L'Épatant, éditée par les éditions Offenstadt, fondées par les frères du même nom. La série, reprise plusieurs fois, détient le record de longévité pour une bande dessinée française : 107 ans (de 1908 à 2015).
Do It
Jerry Rubin
Points, 1973
Texte radical et provocateur d’un des leaders du mouvement yippie américain. *Do It* mêle manifeste politique, appel à l’action et témoignage personnel, incarnant la frange la plus activiste de la contre-culture. À travers les luttes de ces dernières années, sur les campus, contre le Pentagone, à Chicago en 1968, Jerry Rubin (jadis jeune Américain sage) est à l'origine de cette synthèse entre le courant hippie et le gauchisme des jeunes révolutionnaires blancs américains : le mouvement "yippie" dont ces pages sont à la fois le Manifeste, l'épopée, le manuel et la bande dessinée. "Le mythe devient réel quand il offre aux gens une scène sur laquelle ils viennent jouer leurs rêves et leurs désirs... Les gens essayent de réaliser le mythe ; c'est là qu'ils tirent le meilleur d'eux-mêmes. Invente tes propres slogans. Proteste contre ce que tu voudras. Chacun est son propre yippie. Notre message, c'est : ne grandissez pas. Grandir, c'est abandonner ses rêves.
La musique indienne dans le rock psychédélique
Thomas Simon Saddier
Camion Blanc, 2020
Les années soixante sont une décennie qui a toujours fasciné et fait rêver nos contemporains. Son ouverture en matière de liberté et de droits sociaux, ainsi que le mouvement hippie, la visite du premier homme sur la lune ou encore le festival de Woodstock sont pour les jeunes générations un fantasme lointain où il semblait bon vivre et où la musique avait une signification plus profonde, semble-t-il, qu'aujourd'hui. De façon plus spécifique, le milieu des années 60 est également le moment où deux cultures musicales se rencontrent : la musique hindoustanie et le rock psychédélique. La musique hindoustanie correspond à la musique savante de l'Inde du nord. Il s'agit d'une musique modale transmise par tradition orale depuis plusieurs siècles, basée sur un système musical unique au monde : le système des ragas. Cet ouvrage propose de cerner l'influence qu'à pu avoir cette traduction séculaire sur le rock psychédélique - dans ces incarnations britannique et américaine - et également d'ouvrir la réflexion sur la question de l'appropiation culturelle, qu'elle soit par le biais concret des instruments de musique ou celui plus immatériel des matériaux sonores.
La non-violence
Jacques Semelin, Christian Mellon
PUF, 1994
A la recherche d'un définition / La violence refusée / Principes et méthodes de l'action non-violente / Les dynamiques du combat sans armes / Face à la répression et à l'extermination / Face à la guerre / Quelques exemples historiques depuis le XVIII° siècle.

Drogues et expériences psychédéliques

De Baudelaire à Timothy Leary : la littérature des paradis artificiels et l'exploration des états modifiés de conscience.

Les rêves meurent sous la drogue
Jean-Paul Aupourrain
Flammarion, 1977
Ce témoignage d'un garçon sur le monde des camés qu'il a fréquenté depuis l'âge de 15 ans, qu'il a connu jusque dans l'enceinte des prisons - le quartier des toxicomanes -, qui fut pendant plusieurs années sa seule famille, n'est pas seulement un document hallucinant. C'est aussi un message d'espoir, car Jean-Paul Aupourrain, parvenu au bout de la nuit, a réussi, avec l'aide de quelques personnes, à s'en échapper.
Les Paradis artificiels
Charles Baudelaire
10/18, 1962
Les paradis artificiels, livre que Baudelaire a écrit sur deux drogues : le hachisch et l'opium, joue dans l'ensemble de son œuvre un rôle très précis. Il est son ouvrage fondamental sur la nature de la poésie et les deux produits en question y jouent le rôle de deux grandes images à quoi il va pouvoir la comparer puis l'opposer.
Le voyage à la drogue
Gérard Borg
Le Seuil, 1970
Le grand voyage est parti des Etats-Unis où, chaque année, en juin, un demi-million d'enfants et d'adolescents disparaissent du domicile familial et s'en vont rejoindre les villages ou les communautés hippies. D'Europe et surtout de France, quelques milliers de jeunes garçons et de filles, mineurs pour la plupart, prennent à leur tour "la route de l'Inde". Leur nombre double, dit-on, tous les ans. Clochards précoces ou mystiques incompris, pèlerins ou drogués, révoltés ou enfants perdus, les hippies européens passent par l'hôpital, la prison, les fumeries de l'Asie... Nombreux sont ceux et celles qui ne reviennent jamais. La route de la drogue mène ces milliers de jeunes d'Istanbul aux temples Zen de Kyoto. On les retrouve dans les prisons ou les cimetières d'Iran, ou d'Afghanistan, dans les hôpitaux de l'Inde, les monastères bouddhistes de Ceylan ou du Népal, au pied de l'Himalaya, objectifs de la grande migration hippy. Expérience libératrice ou suicide collectif ? Qu'est ce voyage vers le fabuleux pays où tout n'est qu'Amour et Liberté, Illumination et Bonheur ? Qui sont-ils ? Pourquoi partent-ils ? Reviendront-ils ? Gérard Borg, psychologue et écrivain, s'est lancé dans le grand voyage pour répondre à ces questions. Il devient hippie et vit pendant près de deux ans dans les communautés beatniks de vingt pays différents. Il expérimente lui-même la plupart des drogues, pénètre dans les prisons, les fumeries, les temples interdits. Témoin des rituels les plus rares, il rencontre des sages, des ermites illuminés, des fous. Comment et pourquoi ces vagabonds de la liberté vont-ils si loin ? Comment et de quoi vivent-ils ? Pourquoi et par qui sont-ils parfois assassinés, souvent emprisonnés ? Pourquoi forment-ils une vaste société secrète ? Le voyage à la drogue est beaucoup plus qu'un reportage épique, c'est une exploration intérieure et une interrogation passionnée sur les valeurs de notre temps et leur remise en cause par la jeunesse, sur nos responsabilités et nos chances de les assumer.
Le Phénomène LSD
John Cashman
Éditions Planète, 1967
« Voici un rapport complet et exhaustif sur le LSD et toutes les incroyables pilules, plantes et substances chimiques hallucinogènes qui font la une des journaux et révolutionnent la façon de penser de toute une génération. »
L’herbe du diable et la petite fumée
Carlos Castaneda
10/18, 1985
Arizona, 1961, rencontre d'un étudiant en anthropologie de l'université de Californie à Los Angeles, Carlos Castaneda et d'un Indien Yaqui de la province de Sonora, nommé Don Juan. Homme réel ? Présence d'un pouvoir ? Sorcier réincarné ? Inventeur d'un prodigieux roman imaginaire ? On sait seulement de lui qu'il est un homme de connaissance. Parti de la fascination du peyotl dont il croyait tout savoir, Castaneda, accepté comme élève par Don Juan, va apprendre comment s'apprivoise la racine Datura Inoxia : l'herbe du diable, quand on oublie qu'on est un homme pour devenir un chien de lumière errant au Mexique. Le livre a profondément marqué l’imaginaire psychédélique et spirituel de la contre-culture occidentale.
Crapouillot n°71 — LSD
Revue Crapouillot, LSD : Une bombe atomique dans la tête
n°71 1966
Ce numéro spécial du Crapouillot a été réalisé sous la direction de Philippe Grumbach par Jean-Louis Faure (Rédacteur en chef), Roger-Jean Ségalat (Documentation photographique), Annie Brossais (mise en pages).
Le haschich : de Rabelais à Jarry
Ouvrage collectif
Librio, 2003
Il y a quelque chose de commun entre le "pantagruelion" du Tiers Livre de Rabelais et la confiture verte du comte de Monte-Cristo. Ils sont faits du même végétal mythique, celui qui déclenche dans l'esprit d'Arthur Rimbaud la "fanfare atroce" où il "ne trébuche point". Cette substance psychotrope, connue sous son nom arabe de hâchich (herbe), fût probablement rapportée de Terre sainte en Europe par les croisés au XIe siècle. Récit onirique, fable, essai, description scientifique, tous les genres littéraires ont puisé à cette source empoisonnée. Rabelais, Dumas, Gautier, Nerval, Baudelaire, Rimbaud et Jarry nous proposent une fascinante promenade littéraire dans ce jardin interdit.
« Les guerres de l’opium 1839–1860 »
L’Histoire
Revue historique, n°467, janvier 2020
Dossier historique consacré aux guerres de l’opium opposant la Chine à l’Empire britannique au XIXᵉ siècle. Le numéro éclaire les liens entre commerce de drogues, impérialisme et géopolitique, offrant un contrepoint historique aux usages modernes des substances.
LSD, mon enfant terrible
Albert Hofmann
Editions du Calumet, 2016
Ce livre est le témoignage passionnant non seulement des circonstances de la découverte du LSD, mais surtout du rapport de fascination que le créateur n'a cessé d'entretenir avec sa création à propos de laquelle il écrit : " l'importance spécifique du LSD, je la vois dans la possibilité qu'il offre d'apporter un soutien matériel à toute méditation fondée sur la recherche d'une expérience mystique d'une réalité à la fois plus haute et plus profonde ".
Les portes de la perception
Aldous Huxley
10/18, 2019
Essai fondateur relatant l’expérience de l’auteur avec la mescaline. Huxley y développe une réflexion majeure sur la perception, la conscience et les limites du réel, texte clé de la pensée psychédélique moderne. Par l'ingestion de mescaline, Aldous Huxley rejoint à son tour le paradis artificiel de Nerval et Baudelaire. Mais l'originalité de cette expérience tient à la volonté scientifique qui l'anime: en 1954, c'est sous contrôle médical que le romancier absorbe la drogue dans le but d'ouvrir, selon l'expression de William Blake, " les portes de la perception " et de " connaître, par l'intérieur, ce dont parlaient le visionnaire, le médium, et même le mystique, le miracle [...] de l'existence dans sa nudité, la réalité manifestée ". Outre ce récit initiatique, éponyme de l'ouvrage, sont rassemblés ici des essais qui témoignent d'une recherche spirituelle constante depuis La Philosophie éternelle (1945). A travers une culture syncrétique qui traite avec une même ferveur la pensée bouddhiste zen et le dogme catholique, se dessine le souci de mettre chacun sur la voie de l'illumination par la contemplation et le recueillement. Cette orientation donne aux réflexions de Huxley, sur le temps, l'art, le progrès et surtout la violence et la paix une dimension intemporelle.
L’expérience psychédélique
Timothy Leary, Ralph Metzner, Richard Alpert
Edilivre, 2012
L'expérience psychédélique est un manuel basé sur Le Livre des Morts Tibétain. Comme son titre le suggère, il est une invitation au voyage... psychédélique. Leary, Metzner et Alpert nous dévoilent ainsi les meilleures recettes pour franchir les espaces illimités de la conscience et pour en ramener la sagesse. Cette édition présente la traduction française de l’œuvre par Frédéric Streicher. Timothy Leary (1920-1996) obtint un Ph.D en psychologie clinique à la Berkeley University, et travailla également en tant que directeur de recherches psychologiques à l'hôpital Kaiser à Oakland. Puis, jusqu'en 1963 (où on le contraint à démissionner), il effectua de nombreuses sessions psychédéliques au Centre de recherches sur la personnalité de l'Université de Harvard. L'aventure psychédélique de Leary commença en 1960 lorsqu'il consomma pour la première fois les « champignons sacrés » au Mexique. Ceci le mena à rédiger différents ouvrages basés sur sa théorie selon laquelle l'évolution humaine positive n'est possible que grâce à l'expérience psychédélique. Tim Leary est décédé des suites d'un cancer de la prostate en 1996. L'expérience humaine positive n'est possible que grace aux psychédéliques. Pour une expérience psychédélique réussie!
« Le casse-tête de la drogue »
Le Courrier de l’UNESCO
Mai 1973
Ce numéro du Courrier de l'Unesco est publié à l'occasion du 25e anniversaire de l'Organisation mondiale de la santé (qui poursuit depuis de longues années des recherches sur la dépendance à l'égard des drogues et sur les traitements appropriés) et de plus d'un quart de siècle de travail accompli par la Commission des stupéfiants des Nations Unies. Ce numéro présente également les principales conclusions d'une première enquête de l'Unesco sur les drogues, l'éducation et l'information. Consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000074885_fre
L’homme le plus dangereux d’Amérique
Bill Minutaglio, Steven L. Davis
Éditions Nevicata, 2019
La nuit du 12 septembre 1970, l'apôtre de la contre-culture hippie et grand manitou du LSD Timothy Leary s'évade d'une prison californienne. A Washington, la nouvelle fait l'effet d'une bombe. Le président Nixon, embourbé dans la guerre du Vietnam et cerné par les scandales, aligne les nuits sans sommeil. Les manifestations pacifistes tournent à l'émeute, des explosions retentissent partout dans le pays et des groupes radicaux menacent même la Maison-Blanche. Le président n'a dès lors plus qu'une obsession : mettre la main sur Timothy Leary, qu'il qualifie "d'homme le plus dangereux d'Amérique". Basée sur de nombreux témoignages et documents inédits, voici l'histoire d'une trépidante chasse à l'homme menée parle FBI, des USA à l'Afghanistan. Un récit déjanté où se croisent hippies défoncés, radicaux américains, aristocrates européens, trafiquants d'armes et agents secrets. Un trip délirant au coeur de la contre-culture américaine !
La drogue
Claude Olievenstein
Gallimard, 1979
Le docteur Olievenstein, né en 1933, a d’abord travaillé dans les hôpitaux psychiatriques. Mais, profondément troublé par la montée d’une jeunesse qui découvre dans le recours aux stupéfiants un moyen privilégié où satisfaire son besoin radical d’absolu, il se consacre, à partir de 1967, à ces toxicomanes d’un genre nouveau et, en 1971, ouvre à leur intention le Centre Marmottan. On trouve ici ses deux premières contributions théoriques. La Drogue étudie successivement les divers produits, leurs effets, leurs conséquences ; Écrits sur la toxicomanie rassemble divers textes dont certains, à travers, notamment, l’étude du plaisir chez le drogué, débouchent sur un renouvellement en profondeur de plusieurs thèses psychiatriques fondamentales.
Le petit livre rouge de la drogue
Ouvrage collectif
Nouvelles Editions Debresse, 1973
Petit manuel militant et informatif consacré aux drogues et à leurs usages. Diffusé dans les milieux alternatifs, il contient de multiples citations, extraits et témoignages d'auteurs, écrivains et intellectuels.
Les plantes des dieux
Richard Evans Schultes, Albert Hofmann
Berger-Levrault
Que sont ces hallucinogènes et d’où viennent-ils ? Les plantes des dieux tente de répondre à ces questions en une étude exhaustive due à deux spécialistes mondiaux : le botaniste Richard Evans Shultes et le chimiste Albert Hofmann. Un lexique botanique dont chaque plante est illustrée en couleurs décrit en détail plus de quatre-vingt-dix végétaux. Un tableau récapitulatif indique les lieux, les manières et les circonstances de récolte, les préparations et leurs effets. Une seconde partie ethnobotanique étudie les relations des hommes avec quatorze des principales plantes hallucinogènes, à travers époques, civilisations et pays. Les auteurs : • Richard Evans Shultes est professeur de sciences naturelles à l’université de Harvard et directeur du Musée botanique de cette même université. Après plus de quatorze années de terrain en Amérique tropicale, il a établi des liens privilégiés avec les populations qu’il a étudiées. • Le docteur Albert Hofmann est le chercheur qui découvrit les propriétés du LSD. Ancien directeur des laboratoires de recherches pharmaceutiques Sandoz à Bâle, il a isolé et synthétisé plusieurs alcaloïdes psychotropes, apportant ainsi une inestimable contribution à la connaissance biochimique de notre univers.
Toxicomanies
Séminaire organisé à Ste Anne en septembre 1971
Association Le Pont, septembre 1971
Transcriptions des tables rondes et débats. Multiples sujets et témoignages de médecins et psychiatres, notamment sur la drogue sur la route

Spiritualités orientales

Bouddhisme, hindouisme, quête spirituelle : l'attrait de l'Orient mystique et la recherche d'une sagesse ancestrale.

Bardo-Thödol — Le Livre tibétain des morts
Présenté par Lama Anagarika Govinda
Albin Michel, 1981
Texte fondamental du bouddhisme tibétain, destiné à guider la conscience dans les états intermédiaires entre la mort et la renaissance. Ce livre a exercé une influence profonde sur la pensée spirituelle occidentale et sur la culture psychédélique.
L’Inde impériale des Grands Moghols
Valérie Berinstain
Découvertes Gallimard, 1997
Ouvrage historique consacré à la civilisation et à l’esthétique de l’Empire moghol. Il éclaire les fondements politiques, culturels et artistiques de l’Inde impériale, offrant un contexte savant aux imaginaires du voyage.
Siddhartha
Hermann Hesse
Grasset, 2002
Siddhartha, sorti en France en 1925, est une profession de foi individualiste contre toutes les doctrines, une condamnation de la puissance, de l'argent, un éloge de la vie contemplative en Inde. Avec ce roman initiatique, Hesse est devenu dans les années 1960 l'un des maîtres à penser de la jeunesse occidentale.
Le lotus et le robot
Arthur Koestler
UGE Voici, 1964
Essai critique consacré à l’attrait de l’Orient sur les intellectuels et chercheurs spirituels occidentaux. Koestler analyse avec scepticisme les spiritualités orientales et les illusions qu’elles peuvent susciter, offrant un contrepoint lucide à l’enthousiasme mystique.
« Rabindranath Tagore – une voix universelle »
Le Courrier de l’UNESCO
Décembre 1961
Dossier consacré à l’œuvre et à la pensée du poète et philosophe indien Rabindranath Tagore. Le numéro met en lumière son universalité et son rôle de passeur entre Orient et Occident. Numéro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000064331_fre
« Orient-Occident – Étude et méconnaissance »
Le Courrier de l’UNESCO
Avril 1963
Numéro analysant les incompréhensions, projections et malentendus qui marquent les relations intellectuelles et culturelles entre Orient et Occident. Un texte clé pour contextualiser les quêtes spirituelles occidentales. Numéro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000062672_fre
« Le Ramayana et le Mahabharata »
Le Courrier de l’UNESCO
Décembre 1967
Présentation des deux grandes épopées fondatrices de la civilisation indienne. Le dossier éclaire leur portée mythologique, philosophique et spirituelle, largement redécouverte en Occident à la fin des années 1960. Numéro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000078371_fre
« Auroville et la pensée de Sri Aurobindo »
Le Courrier de l’UNESCO
Octobre 1972
Dossier consacré à Auroville et à la pensée de Sri Aurobindo. Il éclaire les fondements spirituels, philosophiques et utopiques de cette expérience communautaire internationale. Numro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000078384_fre
« Splendeurs du Népal »
Le Courrier de l’UNESCO
Décembre 1974
Numéro richement illustré consacré au patrimoine culturel, artistique et spirituel du Népal. Il témoigne de l’attrait exercé par l’Himalaya sur les voyageurs et chercheurs de sens occidentaux. Numéro consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000074878_fre
Candide au pays des Gourous
Daniel Roumanoff
Dervy, 1997
Premier disciple français à avoir rencontré Swami Prajnanpad, le maître d'Arnaud Desjardins, Daniel Roumanoff donne ici le journal de son premier voyage en Inde en 1959 et de ceux qui l'ont suivi jusqu'en 1964. En une terre non encore envahie par les touristes de la spiritualité, Daniel Roumanoff, parti en auto-stop, parcourt l'Inde spirituelle allant de maître en maître. Il fait ainsi « défiler devant nos yeux, comme l'écrit dans sa préface Michel Hulin, professeur d'histoire des Religions à la Sorbonne, une inoubliable série de tableaux... les hommes, les fous et les sages. Les hommes de Dieu et les fous de Dieu... ». Certains des gourous les plus célèbres de ce siècle Swami Shivananda, Krisnamurti, Ramdas, Sai Baba et beaucoup d'autres moins connus revivent sous nos yeux dans un récit palpitant et unique en son genre, en même temps que se posent les questions du chercheur perplexe, partagé entre son attirance pour Ma Ananda Mayee et l'enseignement de celui qui deviendra son maître, Swami Prajnanpad. Ce journal qui se lit comme un roman est, continue Michel Hulin, un « témoignage exceptionnel où l'acuité d'un regard ironique jeté aux êtres et aux choses alterne et se concilie avec la confiance vibrante d'un amour déçu et pourtant destiné à s'accomplir ». Daniel Roumanoff est né à Paris en 1936. A la fin de ses études à H.E.C. à la faculté de Droit et des Sciences Économiques et à l'École des Langues orientales, il part en Inde en 1959. A son retour, après avoir étudié le sanskrit à la Sorbonne, il obtient un diplôme de l'École Pratique des Hautes Études. Il est alors cadre chez Rhône-Poulenc, chargé d'exporter des produits textiles vers les pays de l'Est. En 1969, il devient chef d'entreprise en créant une société d'importation de vêtements et de produits artisanaux en provenance d'Extrême-Orient. Il dirige plusieurs sociétés et notamment la revue « Psychologie » en 1981. En 1986 il soutient une thèse de doctorat à la Sorbonne, publiée à la Table Ronde sous le titre « Swami Prajnanpad, un maître contemporain ». Il est marié et père de quatre enfants.
Le pèlerinage aux sources
Lanza del Vasto
Folio, 1989
Celui que Gandhi appellera Shantidas, c'est-à-dire Serviteur-de-Paix, quitte son Europe natale pour se rendre en pèlerinage aux sources du Gange. Que cherche-t-il à gagner dans ce voyage lointain ? -- « Cette distance qui fait que le regard s'aiguise et qu'on voit clair... cette clarté qui a nom détachement. » En un mot, la sagesse. Mais au bout de trois jours passés auprès du Maharshi Ramana, il comprend que la sérénité parfaite ne suffit pas à son exigence intérieure. « Je tiens que charité vaut mieux encore que sagesse. C'est pour ces raisons que je me rendrai à Wharda chez Gandhi. Oui, pour y apprendre à devenir meilleur chrétien. » De Ceylan à Wharda, du Gange à Port-Saïd, Lanza del Vasto nous entraîne à sa suite dans ce pèlerinage passionné, où l'humour a sa place. Immense a été la répercussion de cette oeuvre, poétique initiation à la sagesse millénaire de l'Inde.
Sylvain Lévi et l’entrée du sanskrit au Collège de France
Roland Lardinois
École française d’Extrême-Orient, 2018
À l’occasion des célébrations du quatrième centenaire de la fondation du Collège de France (1530-1930), Sylvain Lévi, titulaire de la chaire de langue et littérature sanskrites délivre, le 18 juin 1931, une leçon publique qui porte sur le premier titulaire de cette chaire, Antoine-Léonard de Chézy. Fondé sur l’analyse de ce texte, publié dans un volume d’hommage au Collège de France, et sur les archives inédites de ces célébrations, ce livre interroge la contribution spécifique de Sylvain Lévi à ces fêtes jubilaires. On montre que celui-ci rend hommage à l’institution mais en contournant toute mythologie des fondements et des fondateurs. En s’écartant ainsi des formes attendues de l’éloge, Sylvain Lévi nous invite à réfléchir sur le caractère novateur de l’introduction du sanskrit dans le haut enseignement et sur ce que sont les filiations savantes dans les études indiennes, en France, au XIXe siècle.
L’orientalisme : l’Orient créé par l’Occident
Edward W. Said
Points, 2015
« L’Orient » est une création de l’Occident, son double, son contraire, l’incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d’un corps dont il ne voudrait être que l’esprit. À étudier l’orientalisme, présent en politique et en littérature, dans les récits de voyage et dans la science, on apprend donc peu de choses sur l’Orient, et beaucoup sur l’Occident. C’est de ce discours qu’on trouvera ici la magistrale archéologie. Né à Jérusalem, émigré aux États-Unis en 1951, Edward W. Said (1935-2003) a été professeur de littérature comparée à l’université de Columbia. Il est l’auteur de plus de vingt livres, traduits dans une trentaine de langues, dont Des intellectuels et du pouvoir, paru au Seuil. Essai majeur analysant la construction intellectuelle et politique de l’Orient par l’Occident. Edward Said met en lumière les mécanismes de domination culturelle, offrant un cadre critique essentiel pour comprendre les imaginaires du voyage et de l’Inde.

Filmographie

Films et documentaires sur la route de l'Inde et du Népal. Nous n’avons pas inclus les ressources disponibles qui montrent des films amateurs ou des documentaires des années 60/70, plus généralistes.

Partir à l’aventure
Pierre-Henri Zoller, Frank Pichard
Reportage télé · 1966 · 27 min · Suisse · © RTS
Des vélomoteurs chargés de matériel de camping et de quelques affaires et voilà Ernest et un compagnon qui parcourent plus de 18'000 km pour rejoindre Katmandou au Népal. Le 21 novembre 1966, l'émission « Les jeunes aussi » s'entretient avec cet aventurier romand âgé de 26 ans, de retour en Suisse après ce long périple de deux ans à travers le monde. Récit d'une aventure hors du commun, avec ses moments forts, les accidents de parcours et les rencontres, avec à l'appui quelques photos et un journal de voyage. Voyager pour voir autre chose, pour mieux se connaître, les deux amis pensent déjà repartir un jour. En boguet ?
Eden Miseria
Jacques Baratier
Documentaire · 1967 · 17 min · France · © Argos
Des voyageurs du monde entier se réunissent à Katmandou lors de l'hiver 1967, le jour de Noël. Bercé par le planant et emblématique « There but for fortune » de Joan Baez, ce documentaire donne la parole à une communauté en train de se former et offre un témoignage sur le phénomène beatnik.
L’Inde fantôme
Louis Malle
Documentaire · Épisode 1 : La caméra impossible · 1968 · 52 min · France
L’Inde fantôme : Réflexions sur un voyage est une mini-série documentaire française de 1969 en sept épisodes de 52 minutes, tournée en Inde par Louis Malle. Le tournage a eu lieu entre le 5 janvier et le 1er mai 1968, avec une équipe de deux personnes : un caméraman et un preneur de son. Malle est arrivé en Inde sans plans particuliers et a financé le voyage lui-même. Les 30 heures de rushes ont été montées pour donner les 363 minutes de L’Inde fantôme. Dans le premier épisode de la série, de la 34e minute à la 42e, Malle donne la parole à des jeunes beatniks ou hippies qui, un peu avant la grande vogue de la route, expriment ce qui les a poussés à partir.
Nær himlen nær jorden
Jørgen Leth, Ole John
Film documentaire · 1968 · 26 min · Danemark · © Laterna Film
À l'automne 1967, Jørgen Leth et Ole John partent pour le Népal afin de filmer un groupe de hippies qui ont installé un campement sur un terrain et proclamé l'indépendance de leur État libre. Quelques interviews permettent de mieux comprendre la philosophie hippie et nous suivons une visite dans un temple où les hippies semblent être des êtres paisibles venus d'une autre planète.
Les chemins de Katmandou
André Cayatte
Film de fiction · 1969 · 1 h 40 · France
Parti au Népal à la recherche de son père, Olivier fait la connaissance de Jane, dont il tombe amoureux. Mais cette jolie hippie sombre dans la drogue. Olivier est prêt à tout pour la sauver de cet enfer. Ce film est tiré du roman éponyme de René Barjavel.
Avec Pascale Audret, Jane Birkin, Serge Gainsbourg
Katmandou 1969 – La fête de la petite Déesse Vivante (Musique & témoignages)
François Jouffa
Enregistrements sonores · Enregistrements originaux 1969 · Coffret double CD · Édition 2009 · France · © Groupe Frémeaux Colombini SAS
De ce voyage à Katmandou en 1969, François Jouffa n'est jamais vraiment revenu. Alors jeune reporter à Europe n°1, il enregistre tout son périple au moyen d'un mini-cassette caché dans un petit sac indien en bandoulière. Une firme de disque s'intéresse à ces musiques folkloriques et religieuses, qui font l'objet d'une édition en 33 tours. Des années plus tard, Jimmy Page confirmera que ces enregistrements furent un disque de chevet pour Led Zeppelin lors de la composition de Kashmir. Cette découverte de l'Orient, sur les traces d'Alexandra David-Néel, est éditée aujourd'hui en coffret double CD avec livret illustré de 44 pages. Le premier disque propose un voyage musical lors du Festival Indrajatra en septembre 1969. Le second disque reproduit deux longues interviews réalisées par François Jouffa, donnant à entendre Katmandou à travers le regard d’un jeune voyageur et celui du Consul de France confronté au mouvement hippie.
Éditeur / Producteur : Frémeaux & Associés
Man Alive – The Hippy Trail
Storry Walton
Reportage documentaire · 1970 · 50 min · GB · © BBC TV · En anglais
Reportage documentaire diffusé le 11 novembre 1970 dans l’émission Man Alive, consacré au phénomène du Hippy Trail.
Le calvaire hippie
Antoine Jean, Philippe Dasnoy
Documentaire · 1970 · 41 min · Belgique · RTBF
Brigitte Axel raconte sa rencontre, en Crète, avec un hippie, puis son long périple jusqu’à Katmandou et son expérience avec diverses drogues. Le témoignage est complété par l’interview de sa mère, la romancière Sidonie Basile.
WEED
Alex de Renzy
Documentaire · 1972 · 1 h 37 · USA · En anglais
Documentaire sur la prévalence et la popularité de la marijuana au début des années 1970. À travers des entretiens avec des agents des douanes, un trafiquant de drogue, un professeur de droit et des consommateurs de marijuana, le film aborde des sujets tels que la culture, la contrebande, la consommation, la vente et la légalisation de la marijuana. Les réalisateurs nous emmènent faire le tour du monde dans divers endroits, notamment au Mexique, au Canada, au Cambodge, au Népal et à Saigon, au Vietnam, afin de montrer l'omniprésence et la disponibilité de la marijuana partout dans le monde.
Hare Rama Hare Krishna
Dev Anand
Film de fiction · 1972 · 149 min · Inde
Film indien mettant en vedette Dev Anand, aux côtés de Mumtaz, Zeenat Aman et Prem Chopra. Le film traite de la décadence de la culture hippie, avec un message anti-drogue, et aborde certains problèmes liés à l’occidentalisation. L’idée du film est venue à Dev Anand lors d’un séjour à Katmandou, au Népal, où il a rencontré des hippies qui y vivaient.
Les dossiers de l’écran : le phénomène hippie
Émission de télévision
Débat télévisé · Diffusion 29 mai 1973 · 1 h 23 · France
Le phénomène hippie est passé au crible sur le plateau d'Alain Jérôme. Membres de cette communauté, psychologues, journalistes et auteurs, dont René Barjavel, reviennent sur les origines de ce nouveau mode de vie, la quête spirituelle des hippies et l’usage de la drogue, avant de questionner les fondements et les formes de cette nouvelle idéologie. Participent à cette émission : Michel Lancelot, René Barjavel, Thierry Maulnier, Pierre Bensoussan, Brigitte Axel, Richard Finnie, Groseille, Joseph France, Alain de Montebello. Débat diffusé à la suite des « Chemins de Katmandou » d’André Cayatte.
Unterwegs auf dem Hippie-Trail
Erich Dammann
Reportage documentaire · 1973 · 59 min · Suisse · © SRF · En allemand
Documentaire suivant de jeunes touristes, vagabonds et hippies suisses en 1973 lors de leur voyage en Asie le long de la route hippie. Les étapes sont la Turquie, l'Afghanistan, l'Inde et le Népal.
The Road to Kathmandu
David South, Annie South
Documentaire · 1977 · 48 min · GB · En anglais
Un groupe de 25 jeunes venus du monde entier voyagent en camion de Londres à Katmandou pour trouver ce qu'ils cherchent.
Le Syndrome des Indes – Sur la route de soi
Philippe Vitaller
Documentaire · 2004 · 52 min · France · Production : Les films Jack Fébus
Comme pour le syndrome de Florence ou celui de Jérusalem, il semble exister un syndrome proprement indien qui touche les occidentaux. Souvent confrontés à une réalité qui les dépasse, mal préparés au choc culturel, certains voyageurs sombrent dans une « folie » passagère : dépressions, paranoïas, bouffées délirantes, tentatives de suicide. Accompagné du psychiatre Régis Airault, le réalisateur voyage en Inde sur les traces de ces touristes en perdition afin de comprendre les raisons qui font vaciller certains voyageurs.
Intervenant principal : Régis Airault
Les chemins des paradis hippies
Maren Niemeyer
Série documentaire · 2007 · 5 × 26 min · Allemagne · © ARTE / Südwestrundfunk (SWR) / Westdeutscher Rundfunk (WDR)
Le designer Philippe Starck, le couturier Armin Heinemann, l’ex-mannequin Kiki Lagier-Turzy et l’écrivain Niklaus Schmid ont un point commun : leur passé hippie. Ils ont pris la route vers l’ailleurs dans les années 1960, non pas pour conquérir des contrées étrangères, mais pour découvrir d’autres modes de vie et s’imprégner de cultures différentes. De ces voyages initiatiques, ils ont gardé les photos, les films et les journaux intimes qui permettent à la réalisatrice de retracer leur aventure.

1. Ibiza
Première étape : Ibiza et l’île voisine de Formentera, que fréquentèrent assidûment Bob Dylan, les Pink Floyd ou Led Zeppelin.

2. Le MarocLien vidéo
Dès la fin des années 1960, Jimi Hendrix et les Rolling Stones se rendent au Maroc. Les musiciens en quête d’inspiration peuvent y fumer du haschisch en toute tranquillité, découvrir la culture berbère et des paysages uniques. D’autres partent à la recherche du mythe de Tanger présent dans les œuvres des écrivains de la Beat Generation, William S. Burroughs et Paul Bowles. Le pays connaît un tel succès que les autorités marocaines, lassées des hordes de hippies, finissent par leur interdire l’entrée sur le territoire.

3. Kaboul
Jusqu’en 1978, l’Afghanistan a été un véritable paradis pour les hippies : nature intacte, populations nomades hospitalières et le meilleur haschisch au monde. À l’époque, près de 40 000 jeunes aventuriers traversent le pays chaque année. Parmi eux, Tony Wheeler et sa future femme Maureen, qui tapent sur une vieille machine à écrire leurs impressions de voyage et font relier l’ouvrage Across Asia on the Cheap, à l’origine des guides Lonely Planet.

4. GoaLien vidéo
Goa a été la Mecque des hippies de la première heure. Ses plages de sable blanc séduisent de nombreux jeunes aventuriers en quête d’exotisme. Le documentaire interroge quatre anciens hippies : un musicien folk, un libraire de Berlin-Ouest devenu boulanger à Goa, une Belge auteure du livre H, et le fils d’un chirurgien californien converti à l’hindouisme.

5. KatmandouLien 1 · Lien 2
À la fin des années 1960, les hippies atteignent Katmandou au terme d’un voyage éprouvant. Stupas bouddhistes et temples hindous offrent des lieux de méditation aux Occidentaux en quête de spiritualité. La vente du haschisch et de la marijuana y est légale jusqu’en 1973. Le documentaire dresse le portrait d’un avocat allemand installé à Katmandou, raconte l’histoire d’amour entre un orfèvre et le « pays des dieux » et se penche, avec Philippe Gloaguen, sur la genèse des Guides du routard.
Auroville, une Terre pour demain – Vers une écologie spirituelle
Michèle Decoust
Documentaire · Juin 2009 · 1 h 20 · Production : Fotosintesia et Satya Productions
Auroville est une cité cosmopolite de 2000 habitants et 43 nationalités située au Sud-Est de l’Inde. Surgie de la vision de Mère, compagne spirituelle du grand sage indien Sri Aurobindo, elle fut fondée en 1968 pour réaliser l’Unité Humaine sur 25 hectares de terres désertiques. Cette aventure exigea des premiers pionniers, répondant à l’appel spirituel de Mère, qu’ils puissent assurer leur survie en devenant de vrais écologistes. L’objectif de ce documentaire est de montrer comment le mariage entre écologie et spiritualité, travail intérieur et extérieur, a permis à Auroville de devenir, en quarante ans, un « laboratoire du vivant » capable de proposer des solutions concrètes au reste de notre Planète.
Auroville, Le Lien d'Or — Vers l'Unité Humaine…
Michèle Decoust
Documentaire · Octobre 2012 · 52 min · Production : filmsdocumentaires.com
Auroville, ville cosmopolite au Sud-Est de l’Inde, fut nommée « Cité de l’Aurore » il y a quatre décennies par Mère, la compagne spirituelle du grand sage indien Sri Aurobindo qui dédia sa vie à l’évolution de la Conscience. Auroville, « Cité de l’Unité Humaine », a reçu de Mère une Charte si ambitieuse et inspirée qu’elle a fait naître l’espérance d’une Babel réconciliée. Aujourd’hui, Auroville abrite 2200 habitants répartis en une centaine de communautés. Vivent-ils vraiment l’Unité Humaine tant voulue par Mère ? Est-ce possible entre 45 nationalités aux cultures, modes de vie, systèmes de valeurs et croyances différents ? Dix Aurovilliens de tous horizons — artistes, designers ou managers — s’interrogent et se répondent pour exprimer cette force qui les relie et les garde fidèles à l’Appel.
Des hippies chez les soviets
Terje Toomistu
Documentaire · 2017 · 52 min · Estonie
Un chapitre méconnu de l’histoire du XXe siècle qui fait écho à de nombreuses aspirations contemporaines. De Tallinn à Saint-Pétersbourg, de Lviv jusqu'à Moscou, une virée « flower power » dans l’histoire oubliée des hippies de l’ère soviétique. Alors qu’à l’Ouest la culture hippie est associée aux sixties, le film révèle l’existence de mouvements alternatifs et bohèmes de l’autre côté du rideau de fer. Véritable ode à la liberté, à l’amour et à la paix, le documentaire replonge dans la sous-culture underground de l’Union soviétique à travers des témoignages de hippies d’antan, des images et films inédits évoquant concerts clandestins, drogues, rêves, répression, désirs d’évasion et quête du bonheur face à un pouvoir politique étouffant.
Anuschka et Antoinette, sur la route de Katmandou
Philippe Picard, Jérôme Lambert
Documentaire · 2017 · 26 min · France · © ARTE France / ECPAD / Bonne Compagnie
À partir des clichés pris par Anuschka, une Hollandaise de 29 ans, le film revisite les années 1970, marquées par une jeunesse désireuse de prendre sa vie en main. En 1975, Anuschka passe une petite annonce et rencontre Antoinette. Ensemble, elles achètent un minibus Volkswagen dans lequel elles vivent et voyagent pendant un an. Leur périple, jalonné de drogue, de musique, de spiritualité et d’amour libre, les mène jusqu’à Katmandou, symbole de la fin d’une époque. La guerre en Afghanistan et la chute du Shah d’Iran ferment bientôt cette route mythique.
How the Drug War Destroyed a Hippie Paradise in Kathmandu
Todd Krainin
Reportage documentaire · 2019 · 10 min
Film court retraçant le Hippie Trail et la guerre contre la drogue menée par l’administration Nixon au Népal, mettant en lumière la disparition progressive d’un paradis hippie à Katmandou.
Le Serpent
Richard Warlow, Toby Finlay
Série de fiction · 2021 · 8 × 56 min · GB
Série fondée sur l’histoire du tueur en série français Charles Sobhraj, qui a assassiné de jeunes touristes entre 1975 et 1976 en Asie du Sud-Est. Avec Tahar Rahim dans le rôle principal, la série retrace son parcours criminel sur fond de route hippie et de dérives du voyage occidental.
Hippies et spiritualité psychédélique dans l’Amérique des sixties
Conférence – Tiphaine Calcoen
Conférence en ligne · 2024 · 1 h 12 · En français
Cette séance du séminaire « Jeune recherche », proposé par Zoë Dubus et Vincent Verroust, donne la parole à Tiphaine Calcoen, doctorante agrégée à l’Université Bordeaux Montaigne, qui présente ses recherches doctorales en études des mondes anglophones. À travers l’étude des formes de spiritualité émergentes au sein de la contre-culture hippie des années soixante aux États-Unis, l’intervention interroge la dimension enthéogénique des psychédéliques et les expressions religieuses qu’ils semblent générer. Elle analyse la manière dont les hippies ont mobilisé des éléments issus de traditions asiatiques et amérindiennes, en sélectionnant pratiques et croyances adaptées à l’expérience visionnaire, prolongeant ainsi des logiques d’appropriation et d’impérialisme culturel.
Tailler la route, le grand trip vers l’Inde et Katmandou
Edwin Roubanovitch
Documentaire (2 parties) · 2025 · 1 h 20 & 1 h 29 · France · © Epy6 Films
Entre 1968 et 1979 s’est déroulée une histoire aujourd’hui méconnue : des milliers de jeunes occidentaux ont quitté leur quotidien pour explorer l’Orient et se découvrir eux-mêmes, en direction de destinations devenues mythiques — Kaboul, Goa, Bénarès, Katmandou. Ce fut le « hippie trail ». En bus, en autostop ou par tous les moyens possibles, ces voyageurs ont vécu un parcours initiatique qui a bouleversé leur vision du monde. Envisagé sous l’angle français, le film donne la parole aux acteurs de ce road-trip fait d’insouciance, de doutes et de révélations. Des films Super 8 tournés en chemin et des images animées prolongent les archives et permettent de revivre ces aventures. Cinquante ans plus tard, le documentaire interroge les motivations, les enjeux et les conséquences de cette grande migration, jusqu’à la question finale : quel fut le sens de tout cela ?